‹ L'idéalisme contemporainChapitre 36 sur 51 · Rev. de mél., 1899, p · texte numérisé non relu

Rev. de mél., 1899, p

supprimer ; Car si artifice il y a, c’est là que se suspend l'arüfice, et c’est par là que la science acquiert cette efficacité qui est au moins reconnue comme la condition minima de sa valeur. Ouil y a une équivoque dans le raisonnement qui nous est opposé, et de ce que le contenu du fait serait artificiellement déterminé, il est illégitime de conclure que la dénomination et la production du fait en un temps donné seraient, elles aussi artificielles; ou alors ceci emporte cela, et la science n'est plus qu’une fantasmagorie, une mystification, faudrait-il dire, du jour où le savant en serait conscient.

Comprenons mieux l’attitude du savant dans l'expérience. « Combien d’intermédiaires accumulés, dit M. Le Roy, sous lesquels le réel disparaît'! » Mais imagine-t-on que le savant accumule ainsi les intermédiaires, à cette seule fin de faire disparaître le réel? Et encore cela seul peut disparaître qui est apparu. Ni la psychologie positive ni la science positive ne connaissent cette réalité qui aurait la propriété singulière de s'évanouir ou de se laisser ensevelir à mesure que l'investigateur multiplie le nombre ou raffine les procédés de ces observations. Le réel, le fait premier est effectivement saisi comme une apparition, comme une position dans le temps; et si la science accumule les intermédiaires, c’est en vue de faire apparaître le réel. Une expérience suppose une longue préparation, des théories et des instruments; mais quel est le but de cet effort, sinon de poser une question à laquelle la nature répondra ? Nous accorderons à M. Le Roy que la

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