‹ L'idéalisme contemporainChapitre 45 sur 51 · Rev. de mét., 1901, P · texte numérisé non relu

Rev. de mét., 1901, P

Brunscavice. — Idéalisme. 11

question, la dissociation de ces points de vue ne lui apparaisse artificielle, et surtout mal appropriée à la spécificité de la science. Elle peut être vraie de l’art ; mais elle ne l'est plus de la science, en tant que la science se distingue de l'art, et elle s'en distingue parce qu'elle rencontre le problème du discernement entre l'erreur et la vérité, problème dont M. Le Roy signalait lui-même l'importance en ces termes :'« Sans prétendre aucunement contester le succès de la science, il faut néanmoins tout d’abord le ramener à sa juste mesure... Les savants ne racontent en général ni leurs échecs, ni leurs tentatives infructueuses!t. » Ce problème, qui ne se posait pas pour l'artiste, le savant le pose, et la science existe parce qu'il l’a résolu. Or, s’il l’a résolu c’est qu'il ne se borne pas comme l'artiste à être l'inventeur, c’est qu'il est en même temps le critique. Une hypothèse fausse est-elle moins vécue ou vivifiée qu'une hypothèse vraie ? manifeste-t-elle moins de puissance créatrice, de dynamisme irrationnel ? L’attachement d'âme aux théories de la science a-t-il été moins grand au moyen âge que de nos jours, chez les alchimistes que chez les chimistes? Descartes aurait sacrifié toute son œuvre scientifique pour qu'on lui accordât la transmission instantanée de la lumière. Pouchet n’a pas été vaincu par Pasteur parce qu'il lui manquait l'élan inventif, la passion qui met en jeu toutes les énergies en dehors même de l'intelligence. C'est donc qu'en réalité on n'a pas tout à fait expliqué l'attitude du savant par l'effort d’intériorisation, par le retour à la vie spirituelle inté-

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