ET L'INTELLECTUALISME
Dans une lettre à M. Penjon, African Spir décrit en termes pittoresques l'attitude de l’homme en quis’est faite la révélation de la vérité définitive : «Je ne souhaite rien tant que de savoir ce qu’on peut objecter en France à ces doctrines. Comme le brigand qui crie au passant : La bourse ou la vie! je voudrais menacer d’un pistolet — non chargé, mais sans qu’on le sût — tout homme pensant et lui dire : Réfute ces théories, ou reconnais-les pour vraies ! » Telle est l'attitude du vrai philosophe, telle est l'attitude de M. Le Roy. Il place «la philosophie nouvelle » au millieu de la route où nous devons passer, il nous somme de nous avancer. Ou nous le suivrons ou, si nous refusons, nous dirons pourquoi. Impossible d’éluder la réponse, d’autant que M. Le Roy, par un scrupule de modestie, s’est trouvé mettre ses adversaires dans une situation fort génante, et qui pour tous autres que des philosophes aurait paru fort humiliante : il se défend d'inventer une doctrine, d'apporter une hypothèse nouvelle; il