Ainsi Lady Masham, nous verrons avec quel peu de succès
Le premier ouvrage de sa maturité, où déborde la croyance dont il était plein, porte le titre de Raison et Religion *. Il aimait à y renvoyer ceux de ses lecteurs qui désiraient s'initier aux vues de son Malebranche tant vanté. Ce livre, qui n'est pas exempt de sécheresse, le cède de beaucoup à la Théorie du Monde Idéal, bien qu'il erî anticipe le plan général et la progression. Il se divise en deux parties : l'une, théologique, traite de l'Idée de Dieu conçu comme ayant pour essence, non la perfection, l'omniscience, ou tel attribut relativement secondaire, mais l'être absolu, l'être en soi : « Je suis celui qui suis. » Les autres caractères de la Divinité se surajoutent à celuilà qui les engendre tous, sans procéder lui-même d'aucun. La seconde partie, très imbue de théologie encore, composerait une manière de psychologie et de logique a priori : elle traite de l'homme, en tant que créature douée de raison et de volonté. Cette raison a en propre de connaître, mais comment y réussit-elle? D'une seule manière: elle contemple les choses en Dieu. « C'est une notion très » fréquemment touchée par les Platoniciens, par Plotin, » par Proclus, par Marsilius Ficinus, par saint Augustin, » par le feu philosophe François du Hamel, dans son livre » de Mente Humana, et ça et là entrevue par saint Tho- » mas d'Aquin lui-même; mais personne que je sache ne » l'a si abondamment, si délibérément et habilement con- » duite que l'incomparable M. Malebranche qui, à mon » avis, en a établi la vérité au-dessus de toutes les subtili- » tés. . . 2 » Bien des arguments sont invoqués à l'appui de
1. Reason and Religion^ or the grounds and measures of dévotion ^considéra from the nature of God and the nature of inan, in several contemplations. . . London, 1689.