Ch. XXIV
simples * ? Gomment surtout exercerait-il ce pouvoir généralisateur auquel il doit de grouper sous une idée abstraite les choses individuelles qu'elle représente indistinctement? Toute cette théorie de l'abstraction, que Berkeley ne se lassera pas de réfuter, a mis Locke en contradiction formelle avec ses propositions initiales. « L'universalité, dit-il % n'appartient qu'aux choses mêmes » qui sont toutes particulières dans leur existence, sans » en excepter les mots et les idées dont la signification est » générale. Lors donc que nous laissons à part les parti- » culiers, les généraux qui restent ne sont que de simples )> productions de notre esprit, dont la nature générale » n'est autre chose que la capacité que l'.entendement leur » communique, de signifier ou de représenter plusieurs >> particuliers. » Et voilà l'œuvre d'un esprit entièrement inerte, d'une pensée par elle-même improductive ! Etrange table rase qui possède le don magique d'inscrire spontanément et au i)lu^ profond d'elle-même des caractères bien autrement significatifs que ceux que l'expérience a tracés à sa surface, puisqu'un seul des premiers peut comprendre et représenter l'universalité des seconds! La base du système, selon la sévère remarque d'un critique contemporain, était « une métaphore interprétée comme un .) fait * ». Or cette métaphore se dément à chaque page dès le moment où Locke évalue les richesses de l'entendement, trésors dont il n'explique l'acquisition que grâce à une hypothèse exclusive de sa comparaison fondamentale.