‹ L'idéalisme en Angleterre au XVIII?e siècle [microform]Chapitre 111 sur 235 · Chap. V · texte numérisé non relu

Chap. V

lesquels ont lieu connaissance et compréhension, soient les idées divines, c'est-à-dire les idées que le Créateur consulta pour mener à bien son ouvrage. Ces exemplaires représentatifs de toutes choses sont intelligibles en euxmêmes. Ils le peuvent donc être aussi par rapport à nous. Intimement unies à nos âmes, les Idées peuvent sans peine se laisser contempler par nous et, grâce à leur nature représentative, nous faire comprendre tout le reste. A. la différence des précédentes voies, celle qui s'ouvre ainsi devant nous est praticable. Toutefois Norris formule ses réserves. Nous ne devons pas, insiste-t-il, a outrer la matière, ou, » comme on dit en français, pousser les choses ty^op loin. » Ce que l'on vient d'établir, c'est la possibilité d'un moyen; mais d'afrirmer que les choses se passent effectivement de la sorte, il y aurait à cela quelque témérité. Le problème est trop abstrus pour que l'on avance plus qu'une hypothèse *. L'expression de vision en Dieu, adoptée pour désigner cette conception, ne paraît pas à Norris exempte d'équivoque. Juste au fond, elle risque de susciter cette interprétation toute matérialiste que les choses sont réellement en Dieu telles qu'on les trouve dans la nature et qu'on les voit en lui conformes aux apparences qu'elles revêtent à nos regards. Or, prenons-y garde, les objets ne résident en Dieu que d'une manière intelligible. « Les choses dans la » nature ne sont pas intelligibles en elles-mêmes, ce que » prouve avec évidence leur distance de nos esprits et » l'absurdité qu'il y aurait à supposer que nos âmes quit- » tent nos corps et voyagent par les vastes espaces de l'air » pour rendre visite au soleil et aux étoiles, toutes les fois

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