Chap. XII
» que nous regardons ces objets éloignés. Donc elles doi- » vent être comprises grâce à quelque chose qui a une » union plus immédiate avec notre esprit et qui les lui » représente, c'est-à-dire grâce à leurs Idées ^ » Nousmêmes, par conséquent, nous ne voyons les objets dans le monde idéal que comme ils y sont, c'est-à-dire sous la forme intelligible, selon l'idée et non selon le sentiment. De sorte qu'à proprement parler nous ne voyons réellement rien en Dieu que ce qui est vraiment « immuable- ».
Il y aurait lieu, subsidiairement, de poser plus d'un problème encore : de quelle manière Dieu exhibe-t-il à nos esprits ses idées? Y a-t-il, dans le monde intelligible, des idées particulières pour chaque chose? Ou bien faut-il dire, avec l'auteur de la Recherche de la VéiHté, que nous voyons les êtres par l'application diverse que Dieu fait à nos esprits de l'étendue intelligible? « Je laisse chacun, » dit Norris, concevoir sur cette matière comme il veut ou » comme il peut. » Quant à lui, il préfère énumérer les titres de noblesse que réunit le système idéal. Entrevue par les Ecoles, énoncée presque par le plus grand des Pères, l'hypothèse de la Vision en Dieu ne rend pas de moindres services à l'Eglise qu'à la Science. Elle vaut contre l'Arien, contre l'athée, contre le sceptique. Elle nous place sous la dépendance directe de Dieu, nous engage envers lui à l'amour et à la gratitude. Dans le feu de l'apologie, Norris appelle les Muses à son secours. Il chante en quelques stances la beauté d'une théorie qui nous donne le Verbe divin pour précepteur unique et qui, entre tant de vertus, fonde l'humilité.