‹ L'idéalisme en Angleterre au XVIII?e siècle [microform]Chapitre 116 sur 235 · r® part., chap. iv · texte numérisé non relu

r® part., chap. iv

GEORGES LYON

misses : mon existence à moi-même qui éprouve ces impressions. Je saisis véritablement là une connexion immédiate de principe à conséquence. Aussi pourrait-on reprocher à Descartes d'avoir donné de son Cogiio une expression trop étroite, a Je ressens de la douleur, donc je suis; ou : je y> goûle du plaisir, donc je suis, est un aussi bon argument » que : je pense, donc je suis. » Mais nous aurons beau raisonner sur nos impressions, nous n'en obtiendrons rien de plus. D'elles à des choses extérieures, il n'y a nulle liaison directe. Renonçons donc à espérer de la raison opérant sur les données perceptives cette évidence intuitive sans laquelle il n'y a pas de preuve digne de ce nom. « Quant à y> l'existence des corps, quoique ce soit une chose qu'on ne » peut sérieusement mettre en question, toutefois si l'on en » demandait une stricte et rigoureuse démonstration, je » dois confesser que je no sais comment la donner, en pre- . M nant la sensation pour principe... De môme que mon » sens ne sent point les corps, ainsi les corps non plus ne » peuvent être la cause de ce que je sens, ou du moins on » peut à bon droit contester s'ils la sont ou non * ».

Reste sans doute la Foi, position désespérée où nous avons vu que se retranchaient de grands dialecticiens. Mais la Foi a la raison pour principe; elle ne peut donc engendrer plus de certitude que la raison. La preuve qui fait intervenir le Deus ex maclwiâ se fonde sur deux principes d'inégale contenance : 1° tout ce que Dieu a révélé est vrai ; 2'' tel point particulier est révélé de Dieu. La première proposition ne laisse pour l'évidence rien à désirer et l'on peut dire qu'ici la foi égale en force la raison. Il

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