‹ L'idéalisme en Angleterre au XVIII?e siècle [microform]Chapitre 117 sur 235 · Même chapitre. Jbtd · texte numérisé non relu

Même chapitre. Jbtd

n'en va pas de même de la seconde : là, « l'évidence de la » foi ne peut être que morale et conséquemment inférieure » à celle de la science » ». L'argument de Malebranche ne se relèvera pas d'un aussi rude coup. Et le chapitre se termine sans que Fauteur nous ait seulement indiqué un refuge où nous nous abritions contre ce scepticisme dont il a, tout en le maudissant, joué la partie et préparé la victoire. 11 n'a même pas laissé les croyants en possession de la sauvegarde que leur avait ménagée la prudence du philosophe oratorien. Sur quoi donc enfin notre conviction réaliste reposera-t-elle? Nous avons successivement épuisé toutes les catégories du savoir: sensation, raison et foi. Hors de ces trois voies, comment nous frayer un passage ? C'est, nous le voyons à présent, bien à la légère que Norris a traité le doute objectif d'opinion extravagante. Ses dédains s'accordent mal avec ses conclusions. Si tout notre esprit est prouvé inapte à s'excuser de croire au monde extérieur, sur quelle faculté extra-spirituelle fait-il fond pour casser le verdict unanime rendu par les puissances de notre pensée?

Les trois années qui s'écoulèrent entre les deux Parties de Y Essai n'adoucirent en rien ce mépris pour tout ce qui est nature sensible, corps et étendue. La seconde moitié de l'ouvrage n'est qu'une longue et méthodique dépréciation de la matière. Norris y dépouille graduellement cette substance des divers caractères que l'on incline communément à lui prêter. En premier lieu, il lui retire toute influence causale sur nos sensations. Docile aux leçons de Malebranche, il n'admet pas que des corps puissent jouer

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