‹ L'idéalisme en Angleterre au XVIII?e siècle [microform]Chapitre 119 sur 235 · Il" part , chap. m, ix · texte numérisé non relu

Il" part , chap. m, ix

2. Norris entend que ce soient des conditions « arbitraires ». H semble qu'il y ait là un mot d'ordre chez tous les idéalistes anglais.

3. Cf. ce passage d'un Discours de Norris sur l'amour divin : « Les » Corps n ont rien en eux qui ressemble à nos sensations, ni aucun . pouvoir de les produire en nous... Ce n'est pas lo soleil qui nous . éclaire, mais Dieu par le soleil. Ce n'est pas le feu qui nous donne la . chaleur, mais Dieu par le feu. . . Toute la matière de la création, quoi- . que dans un continuel mouvement, est cependant pour nous, c'est-à-dire . pour nos esprits, une paresseuse, morte et inaclive chose. » (Practical ducourses vpon several divine subjects, t. III )

un eff'et détourné? N'y a-t-il pas une matière fluide et ténue qui s'acquitterait à miracle de cette médiation entre les corps étrangers et nos organes : savoir la lumière, dont l'action sur nos yeux nous expliquerait sans peine que nous percevions l'étendue? - Recourir à cet expédient reviendrait à rendre une fois de plus cause et condition synonymes. Que la lumière doive frapper ma rétine pour que j'aperçoive les objets colorés, fort bien. Oui, cette substance est la condition de nos idées visuelles ; mais elle ne se confond point avec ces idées. Ne nous laissons point tromper par nos métaphores. La lumière ne se comporte pas à la façon d'un peintre ou d'un graveur ; elle n'épand point la couleur comme ferait un pinceau optique. A supposer qu'elle put graver ou peindre, il y a du moins une chose qu'elle ne rendrait pas : le relief. - Mais la perspective? allèguera-ton. — Que l'on ne nous oppose pas l'exemple de cet art qui enseigne à abuser les yeux et à juger des choses comme elles ne sont pas. Les figures de la perspective ne doivent pas être prises pour les objets mêmes de la vision, mais seulement pour des signes à l'occasion desquels nous nous formons les idées qui représentent à l'esprit ces objets. Allons plus loin. Faisons belle la part à l'hypothèse optique. Accordons que les figures soient peintes fidèlement par le pinceau lumineux. Les images que nous percevons ne sauraient s'identifier avec les objets immédiats de l'esprit et, bien moins encore, avec les idées qui nous révèlent les choses. Si l'idée fait véritablement corps avec l'image, d'où vient que, devant un objet, nos yeux ne voient qu'une image et non deux comme ils le devraient? D'où vient aussi que nous ne voyons pas les figures renversées, comme le sont leurs images * ? Ces

Page 1