La quinzième porte, il est vrai, la date de
systématique nouvelle. « Ce grand A pelle n'a peint la » Beauté Céleste qu'à moitié ^ » A retracer avec exactitude la moitié omise, un continuateur pouvait créer encore quelque chose de grand. Pour avoir suivi Descartes, Fauteur de la Vision en Dieu n'en avait pas moins élevé une philosophie à part. De même, ne pouvait-on faire œuvre personnelle, tout en continuant le sillon de Malebranche? Nous avons vu comment Norris s'y essaya. Ses contemporains ne jugèrent point qu'il eût réussi. VEssai de Théorie d\in monde idéal, qui devait former son magnum opus, n'eut pas la fortune d'emporter leurs suffrages. Et la postérité ne s'est guère montrée moins défavorable : car c'est à peine si quelques historiens s'avisent çà et la de
mentionner son nom.
Les motifs de cet échec se laissent aisément discerner. Ce philosophe ne se révéla point un penseur autonome. Sa doctrine ne fit point suffisamment époque. Elle marque assurément une phase intéressante dans l'évolution de l'idéalisme : elle signale la prise de possession de la haute philosophie anglaise par Malebranche. Il n'a tenu qu'a Norris qu'elle annonçât quelque chose de plus et ouvrit décidément, en sa patrie, l'ère du monisme absolu. Faute de cette hardiesse, elle a gardé la marque d'un système vassal. Si l'on omet, en effet, la nouveauté d'un plan qui prête à ce livre une réelle individualité, qu'a fait VEssai de Théorie, sinon de reproduire en un cadre plus étendu Raison et Religion ? Or, ce dernier Traité, qu'était-U luimême, sinon une adaptation Platonicienne du système de la Vision et de l'Action en Dieu ?