‹ L'idéalisme en Angleterre au XVIII?e siècle [microform]Chapitre 127 sur 235 · Clavis, ibid., obj · texte numérisé non relu

Clavis, ibid., obj

Les deux métaphysiciens se fréquentèrent-ils? Le biographe Benson n'en doute pas ». Assurément le peu de distance qui séparait les deux cures, cette communauté d'occupations, de croyances, de goûts, tous deux prêtres de la même Église, tous deux pénétrés de Platonisme et nourris de philosophie cartésienne, rend bien improbable qu'ils ne fussent point personnellement liés. Il nous semble, dans les quelques lignes où le souvenir de Norris était évoqué tout à l'heure, lire quelque chose de plus que de l'estime, mais aussi du respect et de l'affection. Toutefois, avouons-le, nous ne pouvons que former des conjectures. Nulle trace ne subsiste, ni dans les écrits de Norris, ni dans les lettres de Collier, d'une intimité entre ces deux penseurs si dignes de se connaître et de s'aimer. Aussi bien une grande inégalité d'âge les séparait. De plus, s'ils possédaient les mêmes attaches philosophiques, également enclins l'un et l'autre à chercher dans l'idéal la substance et la raison du sensible, par contre, sur la question centrale autour de laquelle pivote, selon l'auteur de la Clavis, la science entière de l'homme et du monde, quel absolu désaccord ! Un entretien métaphysique un peu approfondi entre les deux interlocuteurs aurait bien vite tourné court : Norris traitant « d'extravagance » , qui ne mérite pas qu'on la discute sérieusement 2, le principe dont ColUer devait faire la clef de voûte de son déisme. Même au sujet de leur auteur préféré, une dissidence profonde n'aurait point tardé à s'accuser entre ces deux disciples : l'un, attaché à la lettre, se serait appuyé sur le passage de la Recherche

de la Vérité où, après bien des retards, la négation de la

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