‹ L'idéalisme en Angleterre au XVIII?e siècle [microform]Chapitre 130 sur 235 · Ibid.j § 8 et · texte numérisé non relu

Ibid.j § 8 et

250 L'iDÉALlSME EN ANGLETERRE AU XVIIP SIÈCLE

duits, à peu près en même temps, par le cours naturel de leurs lectures et de leurs réflexions, à lancer l'un et l'autre le même défi au dogmatism.e séculaire, ne devonsnous apercevoir là qu'un remarquable hasard ? Il n'y a rien de fortuit nulle part, ont dit et répété les sages, ni dans le domaine de la nature, ni dans celui de la pensée. En cette concomitance des deux doctrines monistes nous voyons une preuve nouvelle de la force impérieuse avec laquelle une logique intérieure portait vers l'idéalisme absolu la philosophie spiritualiste sortie de la vision en Dieu. Cette filiation, il est vrai, l'un et l'autre philosophe ne s'accordent pas à la proclamer. Des deux disciples, Collier est le seul qui témoigne au commun initiateur quelque gratitude. Non seulement il avoue sa dette envers l'auteur de \Si Recherche de la Vérité; mais on gagerait qu'il aspire à nous convaincre que sa doctrine propre forme le complément naturel des théories de Malebranche et de Norris. Au contraire, Berkeley, comme un fier fondateur qui n'entend relever de personne, ne cesse de nous donner sa philosophie pour absolument autochtone. Il répudie Malebranche, alors qu'il en est le plus imprégné. Mais le même écrivain français n'en éveilla pas moins la pensée de tous les deux. Oui, tous les deux ont osé faire ce que nous avons vainement attendu de Norris. La doctrine de la Vision en Dieu retenait, sans l'oser détacher d'elle, le monisme absolu qu'elle avait engendré. Ils séparèrent violemment l'une de l'autre; au système nouveau- né ils ont, selon l'expression d'un maître , coupé le cordon ombilical.

Page 1