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ressources par l'administration de la métropole, il vit se dresser des difficultés insurmontables. Son plan était trop désintéressé pour que la politique utilitaire d'un Robert Walpole s'en éprît^ En octobre 1731, ce missionnaire d un jour disait adieu à l'Amérique. Son entreprise académique avait échoué; du moins ce romanesque épisode navai pas été perdu pour la philosophie. Durant sa retraite de Whitehall, il avait préparé les élégants dialogues de son Alcipkron et conquis plus d'un partisan à l'hypothèse immatérialiste. La semence jetée dans la Nouvelle-Ang^^terre ne fut pas inféconde, puisqu'une petite école idéaliste en devait sortir, que domineraient les deux noms de Samuel Johnson et de Jonathan Edwards.
IL Les trois années qui suivirent furent dépensées à des polémiques de divers ordres : métaphysiques et religieuses, avec VAlciphron, suite de dialogues qui prenaient a partie la libre pensée ; psychologiques, avec la Défense et Explication de la Théorie visuelle ; mathématiques avec V Analyste, où était rétorqué contre les sciences pures, leurs abstractions et leurs hypothèses, le reproche si réquemment adressé aux théologiens d'invoquer des postulats
,. . Je ne m'étonne pas de votre désappointement, ^^/'^f ^^^ ^f^/^;; . eival, le 23 décembre 1730. Le dessein ^^^^^^-^^^7^^^^^^^^^^^ . accompli dans un siècle où les hommes P^^^^^^"^ ^\"' ^^ ,,,3 .,,nd . et où ron ne considère rien qu'avec des ^^^ P;\^ ^^^^^ .y:^ ^^ paient . lord me demandait l'autre jour si je croyais que les Indx^^^^^^^^^
VAL, Mss. — Cité par M. Campbell Fraser.)
incertains et d'aboutir à des conclusions inconcevables. Bermude, le collège civilisateur, l'éducation des sauvages, ne lui apparaissaient plus que dans un lointain. Rien ne le rappelait à la terre où s'était écroulée sa vision. Dès l'été de 1132, il avait légué à Yale Collège, de Newhaven, sa ferme de Whitehall, pour l'encouragement des études grecques et latines.
Ce fut seulement en mai 1734, que Berkeley regagna sa province natale pour ne la plus quitter qu'à la fin de sa vie. Il y rentrait comme évèque de Cloyne. Les devoirs de son ministère, l'éducation de ses enfants, la lecture des princes de la pensée antique, l'étude et le recueillement dans un opulent séjour qu'embellissaient les arts S n'épuisaient point son activité. La même passion humanitaire qui l'avait naguère entraîné à Rhode-Island continuait à l'animer, mais sans exiger maintenant des expéditions aussi aventureuses. Autour de lui, tout un peuple souffrait. La malheureuse île-sœur éprouvait cruellement cette condition de pays conquis, dont aujourd'hui même elle travaille désespérément à s'affranchir. La famine et la fièvre venaient s'ajouter aux maux d'une condition politique intolérable. Entre les évêques anglicans, pour l'ordinaire assez froids aux intérêts de la province -, Berkeley fut une belle exception. Adoucir les infortunes de l'Irlande, telle devint sa constante préoccupation. Son Qiierist, paru à Dublin en l'735, nous fait connaître combien, en dépit de ses attaches officielles, ses vues sur l'avenir social de la contrée avaient de largeur et d'indépendance. Il y demande si « une orga- » nisation tendant au bien-être de cette nation ne doit pas
1. Campbell Fraser : Berkeley (rééd. 1884.) Part. III, ch. i.