‹ L'idéalisme en Angleterre au XVIII?e siècle [microform]Chapitre 148 sur 235 · Jèid · texte numérisé non relu

Jèid

Si les choses visibles composent un système de signes qui nous suggèrent des idées tactiles et motrices, ce sont des langages aussi que forment les perceptions respectives de^nos différents sens. Smith l'avait bien compris, quand il disait : « Ainsi nous devons supposer avec un y> ingénieux écrivain, que les idées de la vue constituent » un langage visuel, parce qu'elles suggèrent sur-le-champ » des assemblages d'idées du toucher, comme les mots » d'une langue excitent les idées qui leur répondent. Je ne » vois pas pourquoi nous ne pourrions, pour la même >. raison, admettre un langage du toucher, de l'ouïe, du » goût et de l'odorat, bien que, sans nul doute, celui de la » vue soit de beaucoup le plus riche. » Oui, le plus riche et aussi le plus rapide, rapide au point de donner l'illusion de l'instantanéité. Ce sens est assurément celui dont il importe le plus de déjouer l'artifice, parce que l'humanité donne dans le piège, prend le signe pour la chose, le mot pour l'idée. Nos divers sens nous parlent divers idiomes, mais des idiomes synoptiques, qui expriment, chacun à sa manière et conformément à ses lois propres, les vérités qu'excelle à exprimer le dialecte visuel. Ces vérités ellesmêmes n'ont toutes qu'un objet: la préservation de notre vie. Nous apprenons par elles à régler nos actions en vue d'obtenir ce qui est indispensable à notre bien-être et d'écarter ce qui nous peut nuirez Mais retenons bien qu'entre ces propositions naturelles et la signification que notre expérience leur découvre il n'y a aucune liaison nécessaire. La langue de la vue et celle du tact pourraient, sans contradiction, être conçues ne se correspondant pas.

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