‹ L'idéalisme en Angleterre au XVIII?e siècle [microform]Chapitre 15 sur 235 · Ch. VIII · texte numérisé non relu

Ch. VIII

GEORGES LYON

66 L'IDÉALISME EN AiNGLETERRE AU XVJII' SIÈCLE

» qu'il contemple ou qu'il puisse contempler, il est évident y> que ce n'est que sur nos idées que roule notre connais- » sance? * » A la bonne heure, et ni Malebranclie ni Berkeley ne disent autre chose. Mais alors il faut rayer de VEssai les phrases de tout à l'heure et ne plus avancer que les objets extérieurs passent de nos sens à Târae, qu'ils sont inséparables des qualités premières qui nous les font percevoir. On ne peut tout à la fois affirmer objective notre connaissance de la matière et l'idéaliser. Malheur à ceux, dit le fabuliste, dont la bouche souffle le chaud et le froid.

Oublieux de son réalisme d'il y a un instant, l'auteur de VEssai poursuit donc comme ferait un partisan de Hume : « Il me semble que la connaissance n'est autre chose que la » perception de la liaison et de la convenance ou de l'oppo- » sition et de la disconvenance qui se trouve entre quel- » ques-unes de nos idées K » Et, plus loin encore, donnant à cette déclaration sceptique toute sa portée : « l'idée » que nous avons d'une chose dans notre esprit ne prouve » pas plus l'existence de cette chose, que le portrait d\m » homme ne démontre son existence dans le monde, ou « que les visions d'un songe ne composent une histoire » véritable >. » Est-ce donc que Locke en revient au véritable esprit du phénoménisme et qu'il abandonne cette réalité substantielle qu'il revendiquait, quelques chapitres plus haut, pour le monde sensible ? En aucune manière, et cette illusion ne nous sera pas longtemps permise, car, dès l'alinéa suivant, reparaît la thèse réaliste en des

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