Ibid
330 L'IDEALISME ExN ANGLETERRE AU XVlll" SIÈCLE
)) sensible puisse être immédiatement perçu par la vue ou >) le toucher et en même temps n'avoir pas d'existence » dans la nature, puisque la vraie existence d'un être non » pensant consiste à être perçu *. »
Bien cela durant le temps qu'a lieu la perception, poursuivra un critique; l'idée alors existe, puisqu'elle me frappe et elle m'est extérieure puisqu'elle a surgi indépendamment de mon vouloir. Mais, qu'elle cesse d'occuper mon esprit, que devient-elle? Vous lui déniez une matière extérieure pour substratum, c'est fort bien ; encore faut-il que vous la reléguiez quelque part ! A moins qu'elle ne se dissipe, sitôt que l'esprit s'en détache, sauf à se reformer quand il la reconsidérera. Or le scepticisme n'en demande pas davantage. — Raisonner ainsi, répondrait l'auteur, c'est oublier que chaque esprit n'est point seul à penser dans l'univers. L'objet qui cesse de m'être présent, d'autres sujets le perçoivent, à mon défauts II est réel et non imaginaire, parce que, telles conditions étant posées, ni d'autres esprits ni le mien ne sauraient manquer à le connaître.
Ce n'est pas tout : au-dessus des êtres, il y a leur Créateur ; par-delà les esprits finis, l'Esprit illimité, de qui le vouloir fait, par sa permanence, la fixité de notre savoir. Ce roi de la nature, nous le connaissons à toute heure ; il n'est pas un événement du monde physique, pas un acte, pas un signe révélant à l'homme un autre homme, qui n'atteste sa providence 3. « Pour voir Dieu, nous n'avons » qu'à ouvrir les yeux. » Mais nous ne possédons de lui