Ibid.^ § 145, sqq
nulle idée, pas plus que nous n'avons une idée des autres esprits ou de notre âme propre. L'idée, redisons-le, ne saurait imiter et copier que l'idée. Chaque âme se sait par la réflexion intérieure. Or, ce témoignage de la conscience n'apporte à qui le reçoit aucune lumière directe sur l'existence des autres âmes. Que le mouvement musculaire par lequel s'accuse la volonté de mes semblables suggère à mon esprit l'idée qu'un autre homme est devant moi, cette connexion comporte une explication unique : la volonté constante du Créateur. Ecartez l'hypothèse de cette souveraine initiative, les actions des autres hommes n'offrent plus à nos regards qu'un livre indéchiffrable. Otez Dieu, nous ignorons s'ils existent. Les connaître, c'est le connaître. Hommes et nature nous signifient Dieu. Nul besoin donc, pour nous hausser jusqu'à lui, d'implorer l'assistance d'une métaphysique quintessenciée : la réflexion la plus familière suffit. Quelle vérité plus claire et plus simple que celle-ci : « il existe un Dieu, ou un Esprit » intimement présent à nos pensées, produisant en elles « toute cette variété d'idées ou de sensations qui conti- » nuellement nous aff-ectent, de qui nous dépendons abso- » lument et totalement, bref, en qui nous vivons, nous » nous mouvons et avons notre être * ? >> Les harmonies de nos idées, non moins que les concordances du tact et de la vision, forment un symbolisme divin.
IL Cette méthodique et souple déduction remplit tout le Traité des Principes de la Connaissance Humaine'^, le plus ferme ouvrage où soit plaidée la cause de l'immaté-