Princ, ofEum. KnowL
2. Berkeley comptait ajouter à ce Traité une seconde partie. Tel quil est, ce livre forme un tout bien complet.
rialisme. Berkeley n'en a pas composé de plus vigoureux. Mais, comme sa manière y est plus dogmatique, son style plus sévère que dans ses autres écrits, la curiosité du lecteur se porte de préférence vers les Dialogues d'Hijlas et de Philonoifs^, cette « perle de la littérature métaphy- » sique anglaise - ». Jamais assurément les notions philosophiques les plus éloignées de la croyance commune n'ont été présentées sous un jour plus favorable, exprimées avec plus d'aisance dans la langue de tout le monde. On comprend que l'auteur des Dialogues ait été, en les écrivant, la dupe de son art et qu'il ait très sincèrement pris son système pour celui du sens commun, tant il y gardait du sens commun le style et le ton. Toutefois, ce nouveau livre n'ajoute guère au précédent, dont il recommence, selon un ordre et d'après des procédés différents, les principales démonstrations.
Le premier Dialogue est bien un petit chef-d'œuvre de discussion psychologique. Philonoiis , porte-parole de l'auteur contre Hylas, interprète du réalisme, traque l'hypothèse d'un monde extérieur avec une telle adresse qu'il la rejette enfin dans le scepticisme absolu. Cette réalité matérielle, que les seuls sceptiques pouvaient, disait-il d'abord, révoquer en doute, le pauvre Hylas, pressé par trop de questions, ne sait plus où la situer. Des qualités secondes où il l'avait d'abord logée, il la reporte parmi les qualités premières des corps, sans pouvoir l'y maintenir : car, si le monde extérieur ne se compose pas des modes de notre sensibilité, encore moins consiste-t-il en des relations abstraites suggérées par ces modes, telles