‹ L'idéalisme en Angleterre au XVIII?e siècle [microform]Chapitre 160 sur 235 · Ainsi M. Campbell Fraser · texte numérisé non relu

Ainsi M. Campbell Fraser

GEORGES LYON

338 LMDÉALISME EN ANGLETERRE AU XVllI' SIÈCLE

les jours, l'inspection directe de nos idées sensibles, les constatations et les témoignages fournis par la conscience : son idéalisme absolu n'invoque pas d'autres prémisses. Nulle part ne figurent ces choses en soi, ni ces vérités nécessaires, si précieuses à l'ontologie. L'interlocuteur moniste se défend bien de faire le vide dans le monde : au contraire, il entend que les objets de nos sens soient, à la différence des abstractions, de subsistantes réalités. « Ne » changez-vous pas, lui demande Hylas, toutes choses en » idées?— Non, mais bien plutôt les idées en choses. » Un empirisme métaphysique : par cette exacte antithèse se pourrait définir l'immatérialisme de Philonoùs.

Et ce n'est pas seulement dans l'ordre spéculatif que Berkeley fusionne ces deux éléments réfractaires, l'ontologique et le phénoménal. Une combinaison analogue préside également à son Ethique. Le sermon sur VObéissayice passives confirmé vingt années plus tard par VAlcip/irou 2, développe une morale qui, utilitaire à son point de départ, se termine en une manière de stoïcisme chrétien. L'amour de soi, « de tous les principes le plus universel et )> le plus profondément gravé dans nos cœurs, » en est la règle initiale ; le bonheur universel, but de nos aspirations et fin du Vouloir de Dieu sur l'humanité, en est la maxime médiate qui nous conduit au précepte supérieur : obéir à la loi divine. Cette loi sauvegarde l'intérêt de chacun et le bonheur de tous. Utilitarisme théologique, a fort bien dit M. Campbell Fraser. Il eût pu ajouter qu'une métaphysique empiriste ne comportait point d'autre morale.

1. Passive obédience, or the Christian doctrine of not resisting the suprême jjowcr, proved and vindicated upon the principles of ihe law of nature, 1712.

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