En
3i/i L'IDÉALISME EN ANGLETERRE AU XVlll' SIÈCLE
une troisième édition d'où seront retranchés les paragraphes apologétiques de son nominalisme passé. Il est vrai qu'à cette époque il aura publié la Siris,
La même arrière-pensée se dissimule sans doute sous les vives attaques que dirigea son Analysi * contre les méthodes en honneur auprès des Mathématiciens. A ne considérer que la lettre de ce petit pamphlet, on jurerait que jamais l'auteur ne se sentit moins de goût de pactiser avec les abstractions. 11 y rouvre, à propos des fluxions Newtoniennes, son éternel procès contre les entités qu'empruntent à la métaphysique les savants : ainsi, les notions de temps absolu, de lieu absolu, de mouvement absolu; ainsi, cette quantité géométrique, dont il se demande excellemment si les parties en coexistent bien, « toute quantité » étant peut-être un flux aussi bien que le temps et le mou- » vement - ? » Mais, en cet opuscule, quelle fin s'est au juste proposée Berkeley? N'est-ce pas de retourner contre le mathématicien dédaigneux de toute métaphysique un argumentum ad hominem ^ et de le fouetter, comme dirait Montaigne, avec les verges que lui a tendues l'imprudent ? Il ne saurait sous-entendre que cette conclusion : puisque les notions abstraites, si irréductibles qu'elles soient à de claires idées, servent cependant aux sciences de la quantité, de l'espace et du mouvement, pourquoi ne trouveraient-elles pas, au même titre, leur légitime emploi dans la Philosophie première et la Religion ?
Cette évolution du système Berkeleyen, qu'annonçaient
1. The Analyste or a discourse addressed to an infidel mathematician,