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là la pensée prend son essor. Aussi, bien des gens en font-ils, ainsi que des ombres qu'elles projettent, du pur espace, par exemple, les existences primitives, stables, compréhensibles entre toutes. Cependant ces ombres ne sauraient servir d'objets à la science du réel. « Quand » nous entrons dans la province de la philosophia prU » ma, nous découvrons un autre ordre de choses, la » pensée et ses actes, qui ne dépendent pas des choses cor-
» porelles * . »
Ne dirait-on pas que Berkeley fait un retour sur luimême et raconte sa propre histoire, lorsqu'il poursuit en
ces termes : « Le sens d'abord assiège et emporte la
» pensée ? Les apparences sensibles sont toutes dans tout : » nos raisonnements se produisent à leur sujet ; en elles » se terminent nos désirs; nous ne cherchons pas au-delà » les réalités et les causes : jusqu'à ce que l'intellect com- » mence à poindre et à jeter un rayon sur cette scène » ombreuse. Nous percevons alors le vrai principe d'unité, » d'identité et d'existence. Ce qui semblait auparavant ..) constituer le tout de l'Etre, se trouve, quand on prend » une vue intellectuelle des choses, n'être plus que fan- » tomes flottants ^. » Mais qui donc s'était d'abord laissé assiéger par le sens ? Qui donc avait pris de flottants fantômes pour le tout des choses ? Qui donc enfin a soudain étééblouipar la lumière de l'intellect? Qui, si ce n'est le sensualiste de V Essai sur la Vision, aujourd'hui devenu le Platonicien de la Siris ? L'expérience sensible n'est plus maintenant pour lui que l'occasion du savoir et non le savoir lui-même. L'intellect lui a révélé un premier moteur,