Ibid
es LMDÉALISME EN ANGLETERRE AU XVlll» SIÈCLE
mine par un étrange aveu qui, si on le prenait au pied de la lettre, mettrait singulièrement en péril cette « grande » assurance ». La certitude que nous avons de la réalité d'un monde extérieur ne s'étend point au-delà de la sensation actuelle ! L'homme qui était devant mes yeux il y a une minute n'est peut-être plus l'homme que je vois en cette seconde-ci, bien que mes regards ne l'aient pas un moment quitté ! « Il n'y a point de liaison nécessaire entre son )) existence depuis une minute et son existence d'à pré- » sent. Il peut avoir cessé d'exister en mille manières. . . » Ainsi, quoiqu'il soit extrêmement probable qu'il y a » présentement des millions d'hommes actuellement exis- » tants, cependant, tant que je suis seul en écrivant ceci, » je n'en ai pas cette certitude que nous appelons connais- » sance, à prendre ce terme dans toute sa rigueur. . . ^ )> Tant il est vrai, ce que Berkeley ne cessera de soutenir, que le scepticisme est la faillite inévitable que prépare au dogmatique la foi en l'extériorité d'un monde matériel.
V. Renonçons à tenter plus longtemps de saisir une pensée qui nous fuit et se fuit éternellement elle-même. Ce livre est une mêlée d'idées, de théories, d'arguments contraires. Perpétuellement partagé avec lui-même, il donne, en tout litige, raison tour à tour à chacune des parties adverses. Il n'y a pas jusqu'à son ami et constant approbateur Molyneux qui, tout aveuglé qu'il est par sa prévention affectueuse sur la valeur philosophique - de V Essai, ne puisse se défendre d'apercevoir et de signaler telle grosse