Ch. IV
2. V. les letlres de Molyneux à Locke, si dures pour quiconque est eu opposition avec VEssai, MOtammeut pour Malebranche et J. Norris.
inconsistance. Par exemple, comment Locke a-t-il laissé côte à côte deux passages dont l'un émet cette hypothèse, qui fit grand bruit, qu'après tout Dieu aurait pu joindre à la matière la faculté de penser et dont l'autre prouve la spiritualité de Dieu par « l'impossibilité absolue où est » la matière de penser » »? Ce sont objections dont le célèbre empiriste n'a qu'un médiocre souci et il en est quitte pour annoncer qu'il modifiera les deux passages. Cette transformation consiste à en amplifier le style sans y rien changer pour le fond \ Aussi bien Locke avait peut-être raison. S'il eût fallu, sur tous les points, assurer cette consistance que réclamait Molyneux, tout V Essai était à
recommencer.
Nous ne méconnaissons certes pas ce qu'il y eut de sage et de bienfaisant dans l'œuvre économique, politique et pédagogique de l'écrivain anglais. On ne louera jamais trop ses belles leçons de tolérance à une époque et en un pays où cette vertu était tristement ignorée. Quand on relit les pages qu'il écrivit sur la science de Téducation, c'est le bon sens même que l'on croit entendre. Les économistes font grand cas de quelques-unes de ses vues et le rangent parmi leurs guides les plus prévoyants. Pourquoi faut-il que la renommée du philosophe soit à ce point inégale à celle de a TEssayist? « On ne s'explique pas la fortune de ses insaisissables théories ^ ? Quelle vérité