Ibii
GEORGES LYON
384 L'IDÉALISME EN ANGLETERRE AU XVllI' SIÈCLE
pas de définir Dieu par des entités, telles que l'ordre, la sagesse et autres attributs qui n'auraient rien de substantiel. « Dans la langue de Platon, le mot idée ne signifie « pas purement un objet inerte, inactif, de l'entendement, » mais il est employé comme synonyme datTiov et d'ip/fi, , cause et principe '. » Loin que ces idées constituent des abstractions, nous avons en elles les plus immuables des êtres, « plus immuables que ne sont les fuyants et passa- » ger's objets des sens. » Si l'on étudiait Platon avec soin, en l'interprétant par lui-même, « le préjugé qui existe » maintenant contre lui tomberait aussitôt ou même ferait » place à une haute estime pour ces sublimes notions ^ » Berkeley, en terminant, amasse les témoignages des maîtres les plus illustres qui ont vu dans l'Unité Suprême et dans la Perfection Infinie la seule existence digne de ce nom et comme le centre de l'âme. Quiconque n'a guère médité sur cet absolu Principe « peut bien être un habile » ver de terre, mais il fera indubitablement un méchant » patriote et un pauvre homme d'Etat. . . ' »
V. Si l'on prenait au pied de la lettre toute cette dernière partie du livre, il faudrait avouer que l'évêque de Cloyne s'est déjugé sur le tard et qu'en ce peu de pages il a biffé l'œuvre spéculative de sa vie entière. Tout au moins, sa philosophie nous apparaîtrait brisée en deux tronçons inaptes à se rejoindre et ce serait affaire à nous d'opter pour le Berkeley de la phase sensualiste ou pour le Berkeley de la période rationnelle. Ici serait le règne des idées-perceptions, où la sensibilité présentative engen-