Le successeur de Newton à Cambridge
» génie, mais ils souhaiteraient, disent-ils, que vous eus- » siez moins appliqué vos pensées à la métaphysique, vous » rangeant avec le Père Malebranche, Norris et un » autre dont j'ai oublié le nom *, tous hommes qu'ils re- » gardent comme extraordinaires, mais d'un tour particu- » lier et dont les travaux sont trop abstrus pour être bien » utiles à l'humanité. » L'ironie de ces compliments dut piquer Berkeley au vif. Combien il eut de dépit de ce rapprochement avec Norris et Malebranche, nous pouvons en juger par sa réponse à Percival, où il affirme que personne au fond ne diffère plus que lui de ces deux philosophes. L'insistance moqueuse de ses contradicteurs ne pouvait manquer de le rendre injuste envers des devanciers avec qui leur tactique était de le confondre.
IL Les hasards de ses voyages n'auraient-ils pas un instant mis Berkeley en relations personnelles avec Malebranche? Une anecdote singulière, rapportée par Stock qui sans doute la tenait des entours de l'évêque, mentionne une entrevue quelque peu dramatique entre les deux philosophes 2. L'événement se serait passé en niS. Berkeley, qui traversait de nouveau Paris, aurait pris occasion de son retour en cette ville pour rendre visite au maître Oratorien, alors très malade. La conversation aurait bien vite porté sur la doctrine des PyHncipes et des Dialogues, connus du philosophe français par une traduction récente. « Mais l'is- » sue du débat fut, ajoute Stock, fatale au pauvre Male-