Peut-être Th. Taylor
2. Stock : Life of Berkeley. L'anecdote a été reproduite par Advocat [Dictionnaire historique) et par de Quincey. qui la rapporte avec son humour ordinaire, dans sa paradoxale fantaisie : Le meurtre comidéré comme Vun des Beaux- Arts.
» branche. Dans la chaleur de la dispute il éleva si haut la » voix et donna si librement cours à son impétuosité natu- » relie que son mal en eut une violente recrudescence, qui » remporta peu de jours après. »
Cette pathétique historiette a déjà, par elle-même, tout un air de roman. Elle prête au patriarche philosophe qui, nous le savons, n'aimait guère la discussion verbale », un personnage assez ridicule et au jeune voyageur irlandais, reçu par un vieillard mourant*, un rôle au moins indiscret. La traduction française qu'elle mentionne est presque certainement imaginaire ^. Ajoutez que, nulle part, on ne trouve chez Berkeley d'allusion à l'événement. Les biographes de Malebranche sont également muets*. Enfin, à Fauthenticité de cette anecdote qui déjà réunissait trop d'invraisemblances, la correspondance inédite de Percival porte le coup de grâce, car il semble ressortir de ces lettres qu'en 1715, c'est-à-dire l'année où mourut Malebranche, l'évêque de Cloyne ne quitta point l'Angleterre K Il faudrait donc reléguer dans le domaine des fables cette tragique dispute sur laquelle des philosophes modernes se sont un peu trop vite échauffé l'imagination « et nous ne croyons pas que la gloire des deux métaphysiciens y perde grandement.
Si l'entrevue eut réellement lieu, ce ne saurait être que
1 . On se rappelle comment il déclina l'honneur d'en avoir une avec Bossuet.
2. La dernière maladie de Malebranche fut lente et cruelle. Tout le Paris éclairé en suivait avec anxiété le progrès. (V. le récit du P. André.)
3. Du moins nous n'avons nulle trace d'une traduction française de Berkeley à cette époque.