II. « Le Rév. M. Ruggles de Guilford avait coutume de
1. Même ouvrage : Samuel Johnson. — Annals, 1732-33. Réponse du Recteur à une lettre du Rév. Benjanain Colinan, de Boston.
2. Même ouvrage : ihid. Dans une poésie anonyme imprimée à Boston, en 1733, sur les Bienfaiteurs de Yale Collège, plusieurs strophes sont consacrées à la louange de Berkeley. Beardsley, d'autre part, nous dit : « La » mémoire de ce distingué prélat, en tant qu'il s'intéressa à l'éducation » chrétienne, est perpétuée en Conueclicut. Son nom a été donné à l'une » de ses plus utiles et prospères Institutions : la Berkeley Divinity School^ » à Middleton. » (Chap. vi, note.)
3. Chandler. Tout le morceau duquel nous extrayons ce passage est donné par Beardsley comme faisant partie de l'autobiographie.
» dire du D*" Johnson qu'il partageait toujours l'opinion du » dernier livre qu'il avait lu'. » Il faudrait, en ce cas, supposer que les ouvrages de Berkeley furent, jusqu'à la fin, pour notre philosophe, des livres de chevet, car il ne cessa pas un jour d'en professer les doctrines. Et par la plume et par la parole il soutint sans trêve le dogme immatérialiste. Sa correspondance s'y consacre, non moins que son enseignement. Un échantillon de cette propagande épistolaire nous a été conservé : ce sont les lettres qu'il échangea avec son ami Golden, très savant homme, auteur de nombreux écrits de botanique et de médecine et qui devint plus tard lieutenant général de la province de New-York. Johnson lui donna successivement communication des principaux Traités de son auteur favori-. Mais Golden était un réahste incurable, que souvent éblouissait la dialectique idéaliste, qui même parfois adhérait à l'argument décisif, mais toujours resta rebelle à la conclusion qui en suivait.
C'est ainsi que la Nouvelle Théorie de la Vision parait à Golden rendre compte de bien des choses; néanmoins il déclare n'en pas entendre le dessein essentiel. Et cependant il souscrit au raisonnement fondamental, car il accorde « que l'objet qui réfléchit la lumière n'est pas en un sens » propre l'objet de la vision, pas plus qu'une cloche ou un » autre corps sonore n'est l'objet du sens de l'ouïe. » Il se hâte, il est vrai, d'ajouter : « Je pense que nous pouvons » dire sans beaucoup d'impropriété que nous voyons ou » entendons une cloche au même titre que nous la tou- » chons; mais certainement la cloche n'est l'objet immé-
1. Taie Collège, BiograpJiical Sketches. Extrait du journal de Stiles.