V. notamment la lettre de Colden en date du 26 mars
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» diat ni de la vue ni de l'ouïe ni du tact; par le raisonne- » ment et l'expérience seule, nous concevons que les » mêmes objets affectent tous les sens' ». Quel raisonnement? Quelle expérience? Il n'avait garde de l'expliquer. Comment ne comprenait-il pas que, si chaque sens est isolé dans ses propres impressions, il n'y a pas d'expérimentation au monde qui justifie 1 hypothèse d'un substrat commun à nos diverses perceptions et que, par le fait de cet aveu, l'immatérialisme a procès gagné ? Aussi Johnson pouvait-il s'en tenir, comme il fit, à déclarer que, selon lui, le principal but de l'auteur de la Nouvelle Théorie « avait » été de bannir de sa philosophie la scolastique ainsi que » tout discours dénué de signification. »
L'inconséquence de Golden ne se trahit pas moins dans ses attaques contre la théorie causale, selon laquelle rien n'agit qui ne soit doué de conscience et d'intellect. C'est le point sur lequel se concentrent ses objections; sans cesse il y revient dans ses lettres, pour protester contre l'attribution d'une faculté rationnelle et automotrice à toute cause efficiente. Veut-on que l'action implique, chez qui l'exerce, une intelligence : il demande qu'on lui définisse alors ce que c'est que matière ou tout autre être purement passif ^ Mais il ne songeait pas que c'est précisément l'impossibilité de fournir une semblable définition, qui décide l'imraatérialiste à rejeter l'hypothèse d'une matière ou d'une pure passivité. Colden a, sans le savoir, indiqué le plus sûr moyen de couper court à ses objections. Son correspondant n'a qu'à entrer dans la voie qu'il lui a frayée. Johnson n'y manque pas : « Un pouvoir d'action sans un