Lettre de Colden, du 2 juin
» principe automoteur est ce dont je ne puis me former » aucune notion et un aveugle principe d'activité, — à le » supposer possible, — bien loin d'offrir le moindre avan- » tage, serait désastreux pour la nature*. »
Mais, quel motif avons-nous d'associer, d'identifier môme, dans l'agent, ces deux choses : la spontanéité et la connaissance, quand il serait si naturel de les disjoindre ? Johnson l'apprend à son ami, avec une précision toute Berkeleyenne : « En fait, nous trouvons que tous ces mouvements et ces » actions dans la nature sont conformes aux lois et aux » règles les plus sages, visent toujours quelque fin utile ; » qu'elles doivent, par conséquent, dépendre d'un principe » très sage et avisé. Il me semble donc qu'il y a répugnance » à placer l'intelligence et l'activité en des principes diffé- » rents. En eff'et, supposez-vous dans la matière un aveugle » principe d'action, encore devez-vous le concevoir latent » sous la force éternellement directrice d'un principe in- » telligent et avisé. Or, comme il n'appartient pas à un » philosophe de multiplier sans nécessité les êtres et les » causes, il me paraît clair que nous ne devons imaginer » nulle autre source d'action, sinon le principe intelligent » qui, nous le savons d'après notre âme propre, possède » en fait et doit, par nature, posséder un pouvoir auto-
)) moteur » Aux termes de cette analyse, la théorie
Berkeleyenne de la causalité peut alléguer trois arguments : ce fait général que, nulle part, le mouvement ne paraît régi par le hasard, mais au contraire atteste une constante finalité; — cet axiome métaphysique, désigné sous le nom de loi d'économie, qui interdit le recours à plusieurs