‹ L'idéalisme en Angleterre au XVIII?e siècle [microform]Chapitre 184 sur 235 · Lettre de Colden, du 19 novembre · texte numérisé non relu

Lettre de Colden, du 19 novembre

2. Principles of natural Philoscphy, ouvrage dans lequel, écrit Colden à la date du 27 janvier 1747, il a lui-même considéré cette question du fondement de la vraie religion ; il eu demande à Johnson son avis.

» avons notre être ? Pourquoi ne pas considérer la nature >> comme le glorieux système des opérations grâce aux- )> quelles, suivant des lois fixes par lui instituées, c'est-à- » dire suivant les lois naturelles, il affecte' perpétuellement « et avec une variété infinie d'objets, nos sens et nos es- « prits. Ainsi sera-t-il suffisamment rendu compte de tout, « au lieu que la matière, dont nous n'avons point d'idée, ne » peut rendre compte de rien ^ » Cette page, que Tévêque de Cloyne eût sans nul doute approuvée, enferme la quintessence de la philosophie immatérialiste : la Pensée omniprésente, unique principe d'action, est manifestée aux hommes par les innombrables emblèmes que leur sensibilité leur découvre.

Dans cette controverse toujours amicale et mutuellement complimenteuse, il est visible que l'avocat du réalisme perd peu à peu du terrain. Il a beau maintenir que nous avons l'idée d'an je ne sais quoi, extérieur à nous, qui ne saurait être toute passivité, combien est précaire cette hypothèse d'une substance anonyme! Aussi, laissant là matière, force, causalité physique, change-t-il bientôt son point de mire. C'est un théologien qui lui parle : il va porter l'offensive sur le terrain de la théologie, a Monsieur, » si vous attribuez toute action immédiatement à ce Tout « puissant Esprit, en qui nous vivons, nous nous mou- . vons, et avons notre être, toute nature étant, comme » vous dites, un système de ses incessantes opérations, je » ne vois pas comment quoi que ce soit peut être au sens » propre un mal et il semble que le fondement de la mora- » nté soit purement sapé. En d'autres termes, ce me pa-

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