Lettre de Colden, du 18 mai
» son système». » La réplique était décisive; elle demeure toujours valable. L'accusation de panthéisme est encore une de celles que l'on dirige le plus fréquemment contre les diverses philosophies idéales. Un Parménide, un Plotin, un Fichte y peuvent prêter. Mais comment atteindrait-elle une doctrine qui distingue, autour de l'Esprit central, une infinité d'êtres substantiels, actifs, autonomes, intuitivement informés d'eux-mêmes et à l'égard desquels la nature dite inanimée ne consiste qu'en un assemblage de phénomènes et de signes ?
Cette discussion métaphysique n'accaparait point l'activité de Johnson. D'autres soins le réclamaient aussi. De toutes parts surgissaient des projets de fondations universitaires. La nouvelle Angleterre, préludant à sa prochaine indépendance, méditait de former elle-même les éducateurs de sa jeunesse, de se créer des organes de science, qu'elle n'eût pas à attendre du bon plaisir de la métropole. En 1749, on discute le devis d'un collège à Philadelphie. L'illustre Franklin, qui venait de publier un vaste plan d'Institut Académique, fit appel à l'expérience de Johnson, tenta même, mais inutilement, de l'engager personnellement dans l'entreprise 2.
Cette émulation pédagogique avait gagné New-York, où l'on décida l'érection d'un Collège 3. En 1754, à l'una-