‹ L'idéalisme en Angleterre au XVIII?e siècle [microform]Chapitre 187 sur 235 · Lettre de Johnson, du 7 juin · texte numérisé non relu

Lettre de Johnson, du 7 juin

2 . Le caractère que nous avons présenté de vous aux autres rust es . et'la iVc'ture de vos lettres concernant VAcadémie les a rendus rès des. . l: de vis engager dans ce dessein, com.e une Pe^^ ^o^^^;- . périence et le jugement seraient de grand usage pour former les rè les . tX au début'de bonnes méthodes et dont la renommée de savo. lu. . donnerait une réputation .... Lettre de Franklm, du 9 août 17o0.

3. M. Beardsley nous dit {op. cit.,ch. vi). que, sur ces entreprises, John-

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nimité, les administrateurs choisirent Johnson pour Président. Il hésita longtemps à quitter Stratford et ce ne fut point sans peine que Ton triompha de sa résistance.

III. A rexemple de Berkeley, Samuel Johnson ne sépara point de sa philosophie Faction et, dans l'existence de Tun comme de l'autre, la gnose et la pratique s'accompagnèrent. De cette connexion entre le savoir et le faire, le philosophe américain est celui des deux qui nous offre, en un sens, l'exemple le plus hardi. Il osa ce que son maître avait omis d'entreprendre. Réfutant ipso facto le reproche banal si souvent adressé au Berkeleyisme^ de n'être qu'un jeu subtil et raffiné, bon à divertir quelques doctes, mais inintelligible à la foule, il tenta d'encadrer dans le système un abrégé succinct des méthodes et des sciences. Il fit descendre Thypothèse des hauteurs de la métaphysique ; il la rendit plane et accessible au commun des hommes, aux enfants eux-mêmes. Oui, par un tour de force sans précédent, il voulut présenter les plus abstrus principes de Timmatérialisme comme autant de vérités élémentaires dont les faciles énoncés se disposeraient en une manière de catéchisme, où se succéderaient sans effort tous les principes générateurs du savoir humain. En même temps, ici et là, Johnson continuait ou éclairait le dessein de son modèle. Les amendements et compléments qu'il adopta nous seraient encore précieux, quand ils ne feraient que nous aider, là où Tintention de Berkeley demeure flottante, à la mieux fixer.

Les Eléments de Philosophie^ parus en 1*752, et dont

son avait sollicité, obtenu et adressé à Franklin les conseils de Berkeley, lesquels semblent avoir été soigneusement suivis.

Franklin publia à Philadelphie, Tannée suivante, une seconde édition, se divisaient en deux parties : Noetica et Elhica *. La première traitait de la pensée, de ses objets, de ses opérations ; la seconde, de la morale, de ses principes et de ses lois. Dans sa préface à l'édition de Philadelphie, l'auteur avouait hautement sa dette non seulement envers le métaphysicien irlandais, mais même envers des précurseurs auxquels l'évêque de Gloyne avait rendu moins de justice. Au nom de Berkeley il associait non seulement celui de Locke, mais ceux aussi de Norris et de Malebranche ^

Ce manuel pédagogique s'ouvre par une Introduction à V Etude de la philosophie. Johnson y dessine une vaste classification des objets qui forment la Cyclopedia. Une dichotomie accréditée la domine : la division en Science et Art. Dans la Science, il y aurait lieu de distinguer deux branches principales : la Philologie, ou étude des mots et des signes, laquelle comprend la Grammaire, les langues, la Rhétorique, l'Histoire, la Géographie, la Poésie, ainsi que l'Arithmétique, la Géométrie, l'Histoire Naturelle, le Dessin et la Musique ; — la Philosophie, ou recherche des choses, laquelle, selon la définition de Cicéron, embrasse la connaissance de Dieu et de nous-

1. The ELEMENTS OF Philosophy containing : L The most useful Parts of Logic, incluiing hoth Metaphysics and Dialectic or the Art ofreasoning.. .; II. ^ briefview hoth of the spéculative and practical part of Moral philosophy. . ., by Samuel Johnson. Épigraphe empruntée au § 3o0 de la Siris, Nous suivons ici la troisième édition, parue à Londres en 1754. L'édition primitive portait en sous-litre : Noetica, or things relating to the mind or widerstanding ; — mhica, or things relating to the Moral behaviour. Elle était dédiée à Berkeley.

2. Nous serions nous-même injuste d'oublier celui de Fénelon que Johnson ioint à ceux-là.

GEOHGES LYON. '*''

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mêmes. « Il est nécessaire que nous soyons capables de )> nous former de claires idées et conceptions de ces êtres « ou choses, soit corps, soit esprits, sur lesquels porte >. notre contemplation. » Les études qui nous y rendent habiles sont la Logique, ou art de raisonner, les hautes Mathématiques, la Mécanique, la Physique et ses dépendances, enfin la considération du monde moral. Cette dernière donne lieu à l'Ethique, à la Pneumatologie ou Doctrine des Esprits et à la Théologie. Le fait de notre existence à Tétat de société entraîne pour la Philosophie morale deux compléments : l'Economique, ou la règle de la vie de Famille et la Politique, c'est-à-dire l'art du gouvernement soit civil, soit ecclésiastique '.

Laissant au philologue l'examen des signes représentatifs de nos pensées, abordons cette étude des réalités qui ressortit au philosophe. Les premiers d'entre les êtres, ceux qui se font connaître immédiatement, puisque, pour les comprendre, chacun de nous n'a qu'à consulter sa propre conscience, ce sont les Esprits. «Nous savons avoir „ en nous-mêmes un principe de perception, d'intelh- » gence, d'activité et de spontanéité conscientes... A «raide'des autres Esprits ou Intelligences, soit exté- « rieures, soit supérieures à nous, et élaguant toutes limi- . tations et imperfections, nous retendons même à cette >, grande et suprême intelligence, universelle génératrice » des Esprits créés ^ » Selon leur présente condition, les hommes consistent en des esprits unis à de grossiers

1 V. également la Synopsis, ou plan général ^^ ^^-^7.^^^^^ ^?";; que Johnson a mise en appen^Uce à sa grammaire angla.se-hébra.que.

^^7.^nè ^Elments, etc. The first Principles of Metaphjsics and Logic. ch. I, § 1-2.

corps tangibles sans lesquels ils ne sauraient ni percevoir, ni agir. Ce dualisme de notre nature n'a rien en soi de nécessaire, mais il est une « constitution purement arbi- » traire de celui qui nous a faits ce que nous sommes *. »

Les perceptions et actions que les esprits ou reçoivent ou accomphssent portent sur les idées. Sous ce mot idée, les modernes englobent « tout objet immédiat de l'Esprit, » soit sensible, soit intellectuel, ce qui le rend synonyme » àQ pensée. » Platon le consacrait à désigner l'exemplaire original des choses dans l'entendement divin; peut-être vaut-il mieux en confiner l'application « aux objets im- » médiats des sens et de l'imagination, ce qui en fut la » signification originelle, et employer l'expression de no- » tion ou de conception pour marquer les objets de la » conscience et du pur intellect. De la sorte, on évitera » de confondre ce qui diffère de tout le ciel -. » C'est du Berkeley de la Siris que s'est donc inspiré Johnson, du transcendantaliste qui attribuait aux concepts de la raison, comme aux intuitions de la conscience, une valeur pour le moins pareille à celle des informations phénoménales transmises par la sensibilité.

Comme le Berkeley de la Siris également, il n'accorde à nos connaissances qu'une origine a posteriori : « On peut » dire que nos esprits sont créés à l'état de pures tàbulœ y> rasœ, c'est-à-dire qu'ils n'ont nulle notion d'aucun objet, » quel qu'il soit, proprement créée en eux, ou concréée » avec eux^ » Mais la difficulté qui, dans la Chaîne de Considérations, restait entière, est, avec Johnson, très

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