The Eléments, ch. i
Que si l'on me demande de quel foyer rayonne cette clarté irrésistible, il n'y a pas nou plus lieu d'imaginer deux explications distinctes, l'une pour les idées, l'autre pour les notions. « Je n'ai pas d'autre moyen de concevoir com> » ment je viens à être affecté de cette lumière intellec- » tuelle intuitive dont j'ai conscience sinon en la dérivant » de l'universelle présence et action de la Divinité ou » d'une communication perpétuelle avec le Père des Lu- » mières^.yi L'influence immédiate de Dieu fait surgir en nos raisons les premiers principes sur lesquels l'esprit règle son progrès dans la découverte, dans le raisonnement aussi bien que dans l'action.
Aussitôt mis en possession de quelque variété d'objets et assisté de cette vive lumière intérieure, l'esprit n'a qu'à comparer ses idées et ses conceptions pour prendre conscience des vérités les plus générales qui président à sa science. La première dont il soit pourvu est celle d'être : elle a sa source dans le sentiment d'exister ainsi que dans la foi sans réserves en la réalité des objets de perception. D'où cette inférence : « Je perçois et agis, donc » je suis. Je perçois tel objet, donc il est; non que son » existence dépende de mon esprit, mais bien de cet esprit » qui me met en état de le percevoir. Comme percevoir et V agir, être perçu et agi, implique l'existence, ainsi c'est » une contradiction qu'une même chose soit et ne soit pas » en même temps, car ce serait en même temps percew voir et ne percevoir pas, agir et n'agir point, être perçu » et non perçu, agi et non agi ^. » Delà suit une distinction entre l'âme et le corps ; de là, le contraste entre l'être qui