‹ L'idéalisme en Angleterre au XVIII?e siècle [microform]Chapitre 197 sur 235 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

398 L'IDÉALISME EN ANGLETERRE AU XVllI» SIÈCLE

langage tout arbitraire que me tiennent les choses, Dieu <c me découvre d'une manière invariable son esprit et sa vo- » lonté ; il me parle pour ainsi dire, me dirige pour agir et » me conduire moi-même dans toutes les affaires de la vie. » Et, l'hyperbole le portant, Johnson s'élève à une réelle éloquence : « Je dis que. tout à la fois, 7ious voyons et » seni07is son universelle présence, car il est manifeste » que l'on peut aussi exactement le dire un objet des sens » qu'aucune personne humaine. Que vois-je en effet, quand » je regarde un Roi? Ce n'est pas l'esprit ou l'âme, en » laquelle consiste proprement la personne et qui, dans sa )) nature, ne peut pas être un objet des sens. Je vois seu- » lement la forme et la couleur d'un homme, vêtu d'ha- » bits somptueux. De même, je ne puis voir Dieu, en » tant qu'il est un Esprit et, comme tel, invisible ; mais » je le vois aussi véritablement, que dis-je? plus maniy> festement que je ne fais un homme mortel comme moi. » Car je le vois en chaque forme visible, dans toute la » nature. Je le contemple dans les modifications innom- » brables de la Lumière et des Couleurs, à travers toute » la Création : là il est partout présent, pour ainsi dire » habillé de lumière comme d'un vêtement*. »— Mais quoi! dira-t-on peut-être, y a-t-il en cette page rien de plus que la paraphrase de quelques aphorismes jetés dans YAlciphron - ? — Oui, il s'y trouve quelque chose d'autre et qui appartient en propre à Johnson : à savoir une transposition morale des hypothèses avancées en physique et en psychologie par Berkeley. Dieu nous est présent, non seulement dans l'ordre du savoir, mais aussi

Page 1