‹ L'idéalisme en Angleterre au XVIII?e siècle [microform]Chapitre 205 sur 235 · Sou yeudre · texte numérisé non relu

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entrevit plus de douceur. Ses adieux aux siens leur sont encore une exhortation stoïcienne : « Pour vous, mes en- » fants, vous n'allez plus avoir de père ; ce sera pour vous )> tous, je le souhaite, un encouragement à chercher un .) Père qui ne vous abandonne jamais. » Et comme il entendit que Ton pleurait auprès de lui : « Confiez-vous en « Dieu, murmura-t-il, et vous n'aurez pas lieu de crain- » dre. » Ce furent ses derniers mots.

II. L'histoire de la philosophie religieuse présente peu de figures aussi originales que celle du Président Edwards. Mais ce n'est pas l'évangéliste de Northampton, ou le missionnaire de Stockbridge, que nous avons à étudier ici. Jonathan Edwards nous intéresse à un titre plus particulier. Il se trouve, en effet, qu'au moins durant uae période de sa vie de penseur, ce sombre théologien souscrivit aux principales données du système immatérialiste. Des manuscrits posthumes, publiés par S. Dwight, contiennent une défense en règle de la subtile hypothèse : défense, il est vrai, que nous ne possédons qu'ébauchée, mais dont certains fragments égalent, pour l'énergie de la déduction, les pagps les plus renommées de son traité sur le libre arbitre ^ Ou plutôt, non : dans cette esquisse ne se trahit nulle velléité d'apologie. Une intention exclusivement didactique la parcourt. L'auteur, qui a inscrit en tête de ses notes ce titre : VEsprit, nous apprend qu'il se propose d'écrire l'histoire naturelle du monde mental et de se livrer à une enquête sur la nature de l'âme humaine, considérée au double point de vue de la faculté de comprendre et de

1. V. l'Appendice aux Memoirs : RemarU in mental Philosophy. - Tht mind.

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celle de vouloir, en tant qu'elle est passive et en tant qu'elle agit. Or il se trouve que ce devis de description morale forme le canevas très précis d'une psychologie idéaliste.

Que ce manuscrit nous offre mieux que de simples memoranda notés au hasard de la lecture, nous en avons la preuve, non seulement dans l'ordre constructif suivant lequel l'esquisse est disposée \ mais, considération d'un plus grand poids, dans le fait que l'auteur ne s'astreint nullement à reproduire trait pour trait l'immatérialisme des maîtres, tel, par exemple, que Samuel Johnson l'avait résumé. Sur un point capital, nous voyons dès l'abord qu'il n'hésite pas à se séparer de l'idéalisme classique. Il nie qu'une réelle hétérogénéité de nature distingue de Tinclination le vouloir. Il ne voit « dans les actes impératifs de » la volonté rien autre chose que l'inclination prépondé- » rante, relativement à ce qu'il faut faire en ce moments » C'est, en moins de mots, ce qu'il soutiendra contre Taylor et Chubb, lorsqu'il combattra la croyance arminienne à la liberté. Au reste, s'il abonde, au même degré que Hume, dans le sens du déterminisme, il se montre tout aussi sensualiste que Locke ' et Berkeley purent l'être : « Toutes les » idées commencent avec la sensation ; il ne peut y avoir » aucune idée, aucune pensée, aucune action de l'esprit, qu'il

1. Après le Titre détaillé, vient une Introduction. Suit l'énumération des sujetsà agiter « dans le Traité de l'Esprit. » Enfin se succèdent les principaux articles qu'Edwards comptait développer. C'est donc bien un projet d'exposition doctrinale, projet aux divisions encore mal ordonnées, ainsi qu'il était, ce semble, arrivé à Berkeley dans son Commouplace Book,

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