‹ L'idéalisme en Angleterre au XVIII?e siècle [microform]Chapitre 207 sur 235 · Sujets à agiter y etc · texte numérisé non relu

Sujets à agiter y etc

fois, il nous sera permis, sans grand abus de conjectures, de leur assigner une commune fin. Il y a, par exemple, tout lieu de présumer que le rédacteur avait pris pour point de départ de son exposition idéaliste les conclusions subjectivistes adoptées par la nouvelle psychologie. Vue et toucher, s'il faut l'en croire, ne nous informent que de nous-mêmes. (( Les idées que nous avons par le sens du toucher sont » autant de pures idées que celles que nous avons par le » sens de la vue '. Or, nous savons que tous les objets de la » vue sont des existences purement mentales, attendu que » toutes ces choses avec tous leurs modes existent dans un » miroir, où tout le monde conviendra qu'elles n'existent )> que mentalement*. » Et, comme ce que nous appelons un corps se réduit à la couleur, à la figure, plus un pouvoir de résister, il n'y aurait donc rien en l'objet d'extérieur à l'esprit sinon la résistance ? Mais ce dernier attribut, à son tour, « n'est rien autre chose que l'actuel déploiement du » pouvoir de Dieu : donc le pouvoir de résister ne peut o rien être, sinon la constante loi ou méthode de cet actuel » déploiement. » Quant à vouloir placer la résistance en dehors de notre pensée, ce serait tenter l'impossible. Car, qui dit résistance suppose un quelque chose à quoi l'on résiste et toujours la question reviendrait : quel est ce quelque chose de résisté'! Au contraire, si nous situons dans le monde spirituel la force réagissante, toutes ces difficultés s'aplanissent. « 11 est aisé de concevoir la résistance

1. The Mind, § 27, existence. — Cette position est celle que Berkeley a prise dans le Trait(f ties Principes, dissipant l'équivoque à laquelle pouvait prêter la Nouvelle Théorie de la Vision .

2. C'est presque ici une phrase de Berkeley ; c'est du moins un de ses arguments de prédilection.

» comme un mode d'une idée. Il est aisé de concevoir un » semblable pouvoir ou manière constante d'arrêter une » couleur ou de lui résister. On peut résister à Tidée, elle

» peut se mouvoir et s'arrêter et rebondir *. Le monde

» est par conséquent un monde idéal. La loi de création et » la succession de ces idées est constante et régulière. » D'où, ces deux corollaires : « 11 serait impossible que le » monde existât depuis l'éternité sans un esprit; nous » apprenons la nécessité de l'éternelle existence d'un Esprit » qui embrasse tout et dont la négation jetterait dans des w contradictions inextricables ^. »

De nombreux articles, et ce sont peut-être ceux où Jonathan Edwards fait preuve de la plus rare dextérité logique, visent ensuite à concilier avec la science et à protéger contre les paralogismes du sens commun le système dont il vient de poser les principes. L'auteur américain ne se met pas moins en garde que l'évêque de Cloyne contre les fausses interprétations de sa pensée 3 et il veille avec un soin égal à prévenir les équivoques. Ainsi, quand il dit que le monde, c'est-à-dire l'univers matériel, n'existe nulle part ailleurs que dans l'esprit, il recommande que l'on ne prenne point ses expressions au sens littéral. « On n'a pu vouloir dire que le )) monde entier fût contenu dans l'étroite enceinte de quel- » ques pouces. . . ; nous devons nous souvenir que le corps » humain et le cerveau lui-même n'existent que mentale- » ment, de la même manière que les autres choses et ainsi

1. Cf. Malebranche, I^^ Entretien métaphysique, § 8, lorsque Théodore l dit à Ariste : • . . . Je vous accorde que votre plancher vous résiste. Mais ( • pensez-vous que vos idées ne vous résistent ooint? »

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