Ibid
420 LUDÉALISME EN ANGLETERRE AU XVili' SIÈCLE
Un objet ne disparaît donc pas pour tomber dans le néant par le seul fait que ni moi ni personne, dans le monde fini, n'en prend conscience. Les meubles que renferme cette cliambre suppo^sge déserte ne rentrent pas dans le non être, parce que nul œil ne les contemple. « Comment ces choses » existent-elles? Je réponds: il y a eu dans les temps » passés un tel cours et une telle succession d'existences y> qu'elles doivent être supposées former, aux termes du » commandement divin, la série complète de l'ordre des » choses. Or, il y aurait, si on ne les admettait, d'innom- » brables effets qui seraient disjoints et déjetés hors de » leurs séries K » Et que l'on n'allègue pas ces infiniment petits qui ne sauraient exercer qu'une influence insensible. D'autres esprits, doués d'une pénétration supérieure, pourraient peut-être percevoir les moindres changements. A la longue, d'ailleurs, ces infîmes altérations feront sentir leurs conséquences. Si peu qu'un atome, placé sur le trajet d'un globe de plomb lancé lui-même dans le vide avec la vitesse d'un boulet de canon, en ralentisse la marche, au bout d'un million d'années, le globe de plomb aura parcouru peut-être un million de pouces de moins qu'il n'eût fait. « Ainsi le moindre atome, par son existence ou son mou- .) vement, cause une modification plus ou moins grande » dans tout autre atome de l'univers. Ainsi, à la longue, la w modification sera rendue très sensible. Ainsi, avec le » temps, l'Univers entier diff"érera du tout au tout de ce » qu'il eût été sans cela 2. »
De nouveau, nous rejoignons la conception des choses qui a vulgairement cours et nous avons toute latitude de
JOxNATHAN EDWARDS