Ibid., § 54. Raisonnement
Peut-être, s'il avait mis la dernière main au livre que promettait cette suggestive ébauche, aurait-il démontré la possibilité d'un tel accord et épargné aux partisans de Timmatérialisme bien des fluctuations.
Au reste, la doctrine indiquée dans les Notes, comme celle qui se laisse deviner sous l'œuvre religieuse d'Edwards, constitue essentiellement une philosophie de la causalité. Dans l'ordre mental, ainsi que dans l'ordre soit physique, soit ontologique, l'idée de cause sert de pivot à tout le système. Cette idée, notre imagination pouvait bien à la rigueur nous en figurer le schéma, mais elle n'avait point le don de la produire. Comment l'expérience engendrerait-elle le concept sans lequel il ne saurait y avoir d'expérience ? Ne nous y trompons pas : le monde des sens n'étale à nos yeux qu'une parodie de la causalité. Tout, dans le règne du relatif, est conséquence et effet. Pour atteindre une cause non indigne de ce nom, nous devons nous élever jusqu'à Dieu. L'action divine, en sa constance, son dessein, sa prévoyance, accomplit ce qui arrive et compose ce qui est. Elle fait tout l'être, dans le physique comme dans le moral, dans l'univers des corps aussi bien que dans le
monde des esprits.
Oui, c'est à l'initiative créatrice et providentielle que se réduit même notre concept de substantialité. « Ce qui, » véritablement, fait la substance de tous les corps est, )) dans l'Esprit de Dieu, l'Idée infiniment exacte et précise » et parfaitement stable, jointe à son Vouloir constant, » que les mêmes choses nous seront à nous et aux autres » esprits graduellement communiquées, suivant certaines » méthodes et lois établies ' . » Les hommes ne se trompent