‹ L'idéalisme en Angleterre au XVIII?e siècle [microform]Chapitre 216 sur 235 · S &i. Substance. n :,^ m- r-e ,a · texte numérisé non relu

S &i. Substance. n :,^ m- r-e ,a

2. § 43. Excellence. Cf. la Dissertation d'Edwards : o« God s Chef End

in Création. , ,, „. , ^„^

3. Dans sa remarquable étude sur J. Edwards, M. Fisher essaie mais sans y réussir, d'écarter cette conséquence. {Discussions xn History and Theology, New-York, 1880.)

Johnson, à l'exemple de son maître, avait eu soin de placer, en face de la Pensée Directrice, un univers d'âmes individuelles, agissantes et libres, essentiellement distinctes de l'Esprit qui les créa. Une sorte de contrepoids était ainsi opposé au dogme de la Puissance Souveraine. En déniant à l'homme toute initiative morale, en le dépouillant, lui et les autres esprits, du libre arbitre, l'auteur du Mind a rompu l'équilibre. L'être divin n'a plus devant lui que le vide et en Dieu l'apparence de monde que nous sommes s'est résorbée.

Il y a bien un fait qui embarrasse très fort Jonathan Edwards et dont il renonce, ce semble, à chercher une explication plausible: la conscience que prend chacun de nous de sa propre identité». Il ne suffit pas que Dieu joigne ensemble diverses de nos pensées, pour que la série d'idées ainsi réunies constitue un moi capable de connaître et de se souvenir. Que je disparaisse et qu'au même moment un être surgisse qui possède les mêmes pensées que moi, dans l'ordre où elles se sont succédé en moi et avec l'impression de les avoir eues, je ne serai point pour cela rendu identique à lui. «Je n'y suis d'aucune sorte intéressé, » n'ayant point de raison de craindre ce que cet être doit » souffrir, d'espérer ce dont il jouirai » Un quelque chose d'irréductible à une simple séquence de pensées : voilà ce que j'appelle moi, ce qui subsiste identique à travers le va et vient des idées, ce qui se ressaisit sous le devenir phénoménal, ce qui se fixe dans la conscience et se

1. The Mind, % 72. • L'identité de la personne est ce qui semble n'avoir . jamais été expliqué. • A comparer Taveu de St. Mill, dans son Examen de la Philosophie d'Bamilton,

%, § Ibid.

prolonge dans le souvenir. L'évidence de cette inexplicable identité est le seul motif qui pourrait empêcher Edwards de disperser le sujet pensant en des modalités de l'esprit divin. C'est la réserve expresse qui distingue sa métaphysique du panthéisme absolu professé par un Spinoza.

IV. Cette faible barrière qui sépare de l'^Z/îi^z/^la philosophie du Mind, Edwards aurait-il fini par l'abaisser ? Toutes les conjectures sont permises, puisque le livre annoncé par les Notes n'a pas été fait. Un voile de mystère entoure d'ailleurs cette esquisse, dont on ne sait, de science certaine, ni la date ni l'occasion. S. Dwiglit, qui a été le premier éditeur du Mind, nous informe seulement que le manuscrit contenant ces pages était joint à trois autres écrits : à en juger par l'écriture, le Mind était, nous assure-t-il, le plus ancien des quatre et Edwards en avait dû commencer au collège la rédaction ^ De sorte que ce projet de philosophie idéaliste qui honorerait assurément la maturité d'un écrivain, aurait été jeté sur le papier par un écolier de seize ou dix-sept ans ! Ni S. Dwight dans sa biographie, ni M. Tyler dans son histoire delà Littérature Américaine^, ne cun-

1. s. Dwight donne, dans Tordre suivant, ces quatre séries de notes manuscrites : la première est intitulée : • The Mind s la seconde, sans titre, se compose de Notes sur la Science naturelle; la troisième est intitulée : . Notes on the Scriptum » et la quatrième: « Miscellanies ' : cette dernière consiste surtout en remarques sur les doctrines de l'Ecriture. Les Remarques qui portent ce titre : « The Mind, » semblent, prétend Dwight, avoir ete composées par Edwards, « soit pendant, soit aussitôt après sa lecture de • V Essai de Locke ». Mais il ne se met guère en frais de démonstration

pour justifier son inférence.

2. . Ces étonnants memoranda écrits par ce jeune garçon de seize ou . dix-sept ans.... (Tyler, A History of American Literature, London, 1879, t. II, ch. XV, § 9.) Etonnants serait bien le mot.

m L'IDÉALISME EN ANGLETERRE AU XVIII» SIÈCLE

çoivent à cet égard le moindre doute. Que disons-nous ? Une telle précocité métaphysique ne suffit pas à leur admiration. Ils \eulent que les Notes sur la Science naturelle soient à peine postérieures au Mind, Et d'énumérer les intuitions scientifiques incroyables que renferment ces remarques, où l'on voit devancées nombre de découvertes qui allaient 'faire la gloire du siècle. Matière éthérée, compressibilité de l'eau, étoiles fixes comparées à des soleils, explication des phénomènes électriques toute voisine de la théorie de Franklin, diverse réfrangibilité des rayons lumineux, lois du son, origine des couleurs, etc. : sur tous ces points et sur bien d'autres encore, cet enfant prodige aurait fait preuve d'une merveilleuse divination ^ On l'a comparé à Pascal^ c'est trop de modestie. Il eût réuni plusieurs Pascal en lui-même, le jeune étudiant qui aurait à ce point tout inventé : métaphysique, astronomie, physique, science de la nature, science de l'au-delà. Et, par un double miracle, il se rencontrerait qu'un pareil génie, de qui les dons intellectuels dépassaient de beaucoup ceux d'un Galilée et d'un Newton réunis, aurait tourné court !

A l'appui de sa conjecture, S. Dwight n'allègue guère qu'une raison : l'écriture du manuscrit ; encore ne s'aperçoit-il pas que ses arguments concordent mal, puisqu'ici il nous apprend que la main d'Edwards, d'appliquée et régulière qu'elle était d'abord, alla se gâtant avec les années S et qu'ailleurs, il déclare ces divers cahiers de notes écrits

1. Tyler, ibid. V. l'Appendice de Dwight : Notes on natural Srience.

3'. Enfant!au dire de Dwight, son écriture était ronde et très lisible, à vingt ans angulaire et moins distincte et, quand il commença à prêcher, de moins en moins lisible (ses lettres exceptées.)

d'une manière informe S comme par un commençant. — Si l'on pouvait raisonner a priori en pareille matière, on serait tenté de conclure que cette sorte de Commonplace Book fut rédigé sensiblement plus tard que S. Dwight ne le suppose, soit qu'Edwards eût consigné sur ces feuilles ses pensées comme elles lui venaient, soit (alternative que les intitulés du Mind rendent la plus probable,) qu'il eût longtemps élaboré le plan d'une sorte de ^£?>. -^t.? A>.7ie£t'aç, à la manière des anciens physiologues, où il aurait fait tenir, en un corps de système, les principales vérités de la philosophie et de la science.

Quoi qu'il en soit de ce problème qu'une comparaison méthodique des manuscrits d'Edwards permettrait seule d'élucider, il est du moins une affirmation de son biographe qui ne soutient pas l'examen. Entraîné par le désir de magnifier à tout prix son héros, (un héros dont la puissante figure n'avait pas besoin, pour mieux nous frapper, de tout cet appareil de légende,) S. Dwight veut que le précoce auteur du Mind ait ignoré les chefs-d'œuvre de la philosophie Berkeleyenne et qu'il ait tiré de son propre fond l'immatérialisme qu'il y expose-. La simple lecture de ces Notes prouve le contraire. Il y a là une évidence interne, contre laquelle nulles inductions ne sauraient prévaloir. Parmi les fragments du Mind, s'il y en a qu'ins-

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