Part. I
If
peuvent reformer des vapeurs grosses à leur tour de nouveaux orages.
Ces prémisses posées, il semble que nous tenions la solution de notre problème. « C'est par habitude, dit Hume, » que nous faisons la transition de la cause à l'effet; et » c'est de quelque impression présente que nous emprun- » tons cette vivacité répandue par nous sur l'idée corrô- » lative ^ )) — Dès lors ne pourrait-on concevoir que les choses se passent ainsi : la disposition habituelle qui m'entraîne à rattacher un conséquent à un antécédent, disposition en qui se résume toute la causalité, m'afl'ecte, quand j'y pense, par une impression réflexive sui generis. Cette impression, comme telle, retourne sa vivacité et son énergie aux idées qui lui sont relatives et l'accompagnent normalement. De là, une recrudescence de force dans l'adhésion qu'entraîne l'axiome causal, recrudescence qui passe et repasse de l'idée de cause à l'impression que cette idée engendre, de cette impression aux idées qui en naissent et qui, augmentée, fortifiée par des millions d'expériences convaincantes, va sans cesse se multipliant ^ En résumé, « la nécessité est quelque chose qui existe dans » l'esprit, non dans les objets. » Et lui-même définit en ces termes le concept qui nous occupe : « une cause est un » objet antécédent et contigu à un autre et ainsi uni avec » lui que l'idée de l'un détermine l'esprit à former l'idée de )) l'autre et l'impression de l'un à former une plus vive » idée de l'autre ^. »