Part. III
le seul dont Euphranor et Philonoùs disposent : ce concept renversé, la théologie Berkeleyenne est à bas.
Si tout essai de ramener à un attribut divin notre notion de pouvoir et d'énergie doit fatalement avorter, nUusion n'est pas moindre de se flatter qu'on la fera naître de l'activité volontaire directement perçue en notre propre esprit. Hume démontre Finanité d'une théorie qui, un siècle plus tard, fera concevoir tant d'espérances. Il établit combien serait trompeur le raisonnement en vertu duquel nous transférerions à la matière la faculté prétendue que saisit en nous la conscience. « Considérons simplement >, que la volonté, qui est ici prise comme une cause, n'a » pas plus de connexion observable avec ses effets que ., n'en a, avec son propre effet, aucune cause matérielle... » Aucune impression interne n'a d'énergie apparente, pas » plus que n'en ont les objets extérieurs. »
Mais ce n'est plus seulement la théologie Immatéi-ialiste qui s'est écroulée. Voici que chancelle sur ses bases le spiritualisme dont cette théologie était l'achèvement. Sur le modèle de mon âme j'inférais, au dire des Berkeleyens, et d'autres âmes et un esprit Créateur. Or, comment concevais-je mon âme 1 Sous la forme d'une liberté qui se sent et s'éprouve. Mais, si toute notion de puissance efficace e^tYiAe, a fortiori tiendrai-je pour vaine celle d'un libre pouvoir. Combien, par suite de ces analyses, nos idées d'âme, de moi conscient, de Pensée Divine, ne serontelles pas anémiées ! Que reste-t-il pour donner le plein a ces divers concepts ? Est-il possible seulement de leur maintenir quelque objectivité ?
Abstraction faite de la causalité spirituelle, nous possédons un dernier élément qui semble garantir au moi une
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valeur originale : c'est l'identité que, la mémoire aidant, lui-même s'attribue. Assurons-nous si cet iiltimiim quid aura meilleure fortune et résistera mieux à la méthode de morcellement qui vient de faire dans la science mentale de si grands ravages.
Quelques mots, jetés par Hume en guise de précaution oratoire, nous mettent dès l'abord en inquiétude. Nulle question, nous prévient-il, n'est plus abstruse que celle de l'identité : il y faut la plus profonde métaphysique. Or, que nous dit la philosophie? Que rien n'apparaît à l'esprit qui ne soit une perception ; que, d'autre part, entre nos perceptions nulle continuité ne se laisse saisir, mais qu'elles nous apparaissent comme successives et indépendantes. Lors donc que, pour fortifier encore l'uniformité que nous attribuons aux objets imaginaires de nos sensations, nous prêtons à ces objets une existence continue, que faisonsnous, sinon de céder une fois de plus au prestige de notre imagination? « La pensée glisse le long de la succession » avec la même facilité que si elle ne considérait qu'un y> seul objet et par suite elle confond la succession avec » l'identité ^ » L'erreur réaliste ne vient point d'autre part. Un entraînement irrésistible porte la faculté trompeuse entre toutes à feindre la permanence d'un système d'existences étrangères à nos sensations. « Le passage » coulant de l'imagination, le long des idées de perception » qui se ressemblent, nous fait leur attribuer une parfaite » identité. La manière interrompue de leur apparition » nous fait les considérer comme autant d'êtres qui se » ressemblent mais qui sont distincts et apparaissent après