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RICIL\RD BURTHOGGE 83
des choses? — Cet argument pourrait être signé : Kant. En second lieu, rappelons-nous que l'entendement n'atteint pas les êtres particuliers ; cependant l'univers n'est composé que d'êtres individuels '. La raison ne converse qu'avec les universaux. Ainsi donc, « puisque les choses, » en tant qu'elles sont dans l'esprit, sont soumises à une » abstraction et sublimation, il est certain qu'elles doivent » y revêtir un autre costume et se manifester ainsi sous » une autre forme que celle qu'elles présentent dans le
» monde ».
Enfin-, l'analogie des sens et de la raison achèvera de nous convaincre : ceux-là ne nous font rien saisir « que » sous les sentiments, qui sont les notions des sens ; nous » ne recevons rien dans l'entendement que sous certaines )) notions qui sont les sentiments de l'esprit », par exemple, celle de substance et d'accident.
Dans ces conditions, qu'est-ce que l'objet, sinon « un » 77îOdus concipiendi? line notion ou un sentiment qu'a » l'esprit de quelque chose qui est, de quelque manière » que ce soit, parce qu'elle est? » En conséquence, ce qu'on appelle chose n'est qu'une conception inadéquate que l'esprit se forme et qu'il tire de son commerce avec les objets, un sentiment qu'il en a, mais un sentiment qui ne le fait pas entrer dans la connaissance de l'être réel. Cet être, « nous ne Vdi])])ré\iendonsq\x*i7iadéguatement, sousledégui- » sèment et la mascarade des notions ».
1. C'est une singulière antinomie qui découle de la philosophie de l'Ecole, laquelle lient simultanément ces deux maximes : il n'y a science que du général ; — l'individu seul existe.
2. Il y a ici un tertio que nous omettons, parce qu'il fait douhlc emploi avec la considération finale.
Que sont, à leur tour, la substance et Taccident, ces premiers degrés qui nous font parvenir à une distincte possession des choses? Des morfi concipiendi, « des entités )) de raison qui n'ont d'être formel que dans l'esprit qui
» les forme Cependant nous n'appréhendons rien
)> que comme substance ou comme accident ; de sorte que » nous n'appréhendons nulle chose comme elle est dans » sa propre réalité, mais seulement sous les nœuds de » rubans et les parures des notions dont la costument nos » esprits. »
Faut-il donc inférer de là que rien n'existe réellement? Pour la première fois, Burthogge heurte de front ce scepticisme transcendantal que Ton s'attendrait à voir surgir à chaque tournant du système. Nullement, répond-il. Les objets immédiats de la pensée, soit sensitifs, soit cognitifs, sont, relativement à leurs facultés respectives, extérieurs d'une extériorité et apparente et fondée*.
En apparence, le blanc est dans la neige ou sur le mur, le son dans l'air, etc. ; de même qu'aux yeux de l'entendement, l'homme est une substance. Or, la raison montre qu'il en doit aller ainsi : car si nous « avons conscience » de percevoir les objets sous certaines images ou notions, )) nous n'avons conscience d'aucune action par laquelle
r> nos facultés produiraient ces images ou notions - ;
)) donc ce qui, en réalité, est en nous-mêmes doit sembler )> venir des choses et en conséquence paraître se trouver w réellement en elles. »
Mais cette extériorité est fondamentale non moins qu'ap-