Cf. Targumenl causal dans les Méditations
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parente. Il y a plus. Les objets ne semblent extérieurs que parce qu'ils sont extérieurs en leur fonds K Cette vérité est aussi certaine qu'il l'est que tout effet doive avoir une cause. « Des choses hors de nous sont les causes qui » excitent en nous de telles images et de telles notions. » Le principe de causalité, telle est la planche de salut qui sauve du scepticisme une doctrine condamnée, semblait-il,
à s'y abîmer.
Aussi, comme Burthogge le défend, ce concept tutélaire! Avec quel soin il l'exempte de la condition d'universelle relativité! Dans sa revue des notions fondamentales, il déniera à la substance toute objectivité sérieuse-. Mais ridée de cause gardera, elle, sa place privilégiée au-dessus des sentiments de V intelligence, comme il était dit si heureusement tout à l'heure, au-dessus de ces notions qui ne nous faisaient point franchir les bornes de notre propre conscience. La déduction de cette catégorie mériterait d ailleurs qu'on la citât toutes Burthogge a vu combien
1. Au chap. IV, § 1, Burthogge accentue encore son réalisme: « Antécé- . derament, dit-il, à toute opération de Vesprit concernant les cogitables, il . existe réellement dans le Monde des choses qui, en leurs propres natures, . sont aptes à les produire ou à les occasionner dans nos facultés, dans . une certaine correspondance avec ce qu'elles sont. » En ce passage, il se place strictement au point de vue où s'était tenu Locke.
o. Ainsi la notion de subsistant en soi naît de celle d'être sujet.
. Et la notion d'être subsistant en soi n'est pas plus réelle que celle d'être . sujet. Car qu'est la Substance en soi sinon un attribut qui appartient à . quelque chose d'autre ? Mais ce qu'est ce quelque ckose d'autre à . quoi elle appartient, je suis désireux de rapprendre et j'honorerai à jamais . comme mon grand maître celui qui me renseignera. Nous n'avons point . d'idées d'aucunes substances qui ne soient notionnelles et relatives, c'est- . à-dire qui n'en proviennent selon ce qu'elles sont en notre analogie. •
(Chap. V, § 1.) «,-,.11
3. . Qu'il y ait des causes substantielles et des efifets substantiels dans . le monde, cela est évident aux sens : car même pour les sens des subs-
elle tenait de près à celle de substance; il ne lui en a pas moins maintenu le monopole de la parfaite objectivité qu'il refusait, il y a un instant, à cette dernière. Il ne supporte pas l'hypothèse d'un progrès des causes à l'infini: (( car rien, déclare-t-il, ne répugne plus à la pensée de » l'homme, à la Science et à l'ordre ainsi qu'à l'unité de » l'Univers. » Il faut des causes incausées, par conséquent des causes premières. Sa critique s'est, avouons-le, bien relâchée soudain. Mais il ne croyait sans doute pouvoir trop mettre hors de portée une vérité à laquelle son dogmatisme et sa foi aux choses étaient suspendus.
Ce môme concept de cause qui a clos son analytique lui sert de transition pour passer à une métaphysique assez voisine de celle que Cudworth et Henri More avaient patronnée. Ce n'est pas sans surprise, qu'au sortir de cette logique précise et sévère, on se trouve porté sur les hauteurs d'un universel spiritualisme à la manière des Stoïciens. Il semble qu'un néo-platonicien de Cambridge ait tout à coup remplacé le nominaliste d'Oxford .
Il y a deux causes-principes dont nous constatons la présence et dans le monde et en nous : V esprit et la matière. La première est toute action; la seconde toute passion; ou plutôt l'une est le principe de tout ce qui agit; la seconde le sujet de toute passivité. A peu près comme Leibnitz, Burthogge ramène à l'antithèse de la force et de l'inertie le contraste du spirituel et du matériel : « c'est
. tances commencent à être et des substances cessent d'être. Mainleuant ce
. qui commence d'exister, ce qui est fait exister après qu'il n'était pas,
. doit de nécessité avoir quelque chose (et nécessairement quelque chose de
. différent de lui) qui le fasse exister : c'est-à-dire il doit avoir uue cause ;
. en sorte qu'il y a des causes et des effets ; autrement rien ne commence-
» rait à être ou ne cesserait d'être. »
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» tout un de dire que l'esprit est actif et de dire qu'il « est cogitatif ; tout un de dire que la matière est passive, « tout un de dire qu'elle est une substance spaciale exten- » sive. Et l'esprit n'est pas pensée ni la matière étendue, « comme les fait Descartes ; la première est substance » pensante, la seconde substance étendue. « Cette voie, déclare avec confiance l'auteur, est bien plus sûre que celle qu'a suivie un Spinoza ou un Malebranche » .
L'esprit, à son tour, peut être considéré soit à l'état d'absolues simplicité et pureté, soit à l'état concrète, c'est-àdire comme agissant par le moyen de la matière.
Le pur esprit n'est autre que Dieu, être incognoscible que ces attributs ne nous révèlent pas mieux que les accidents ne nous manifestaient les corps. Nous le voyons comme en un miroir, « c'o; èv èao-Tpa> », c'est-à-dire par ses parences. Aussi combien est chimérique l'imagination de apceux qui croient Yoir en Dieu toutes choses, alors que Dieu, en lui-même parfaite lumière, habite à leur égard dans'la plus épaisse obscurité \ « Point de fenêtres sur » le Sanclwn Sanciorum, où était le siège de Dieu ; et « les païens mêmes, pour la plupart, l'adoraient en silence, » comme un être ineffable et inconcevable : c'est, ce me
1 . Ainsi en est-il dans notre réfractée, inadéquate, r^eîle-notionneUe . manière de concevoir ; quant à une manière adéquate et exacte, comme elle . est au-dessus de nos facultés, ainsi je ne trouve pas que Sptno-.a onJla- . lebranche. après toutes leurs ambitieuses recherches en celte plus haute . voie, aient par là édifié le monde à un grand degré. Cette manière de roK . toutes choses en Dieu et en leurs réalités propres est une voie Lien hors . de la voie. D'ailleurs quand ils suivent la voie plus modeste des sens, . beaucoup de leurs pensées sont surprenantes et ervcellentes. »
2 Ce retour offensif contre Malebranche prouverait à quel point en Angleterre le svslème de Malebranche commençait à se répandre et combien Burthogge lui-même en était préoccupé. Et nous ue sommes qu'en lo94 .
88 LIDÊALISME EN ANGLETERRE AU XViU" SIÈCLE
» semble, pur enthousiasme, de parler de voir toutes cho- » ses dans l'Original, quand nous ne pouvons seulement le » regarder. Dieu est pur Esprit, et le pur Esprit est pure » lumière, d'une gloire trop transcendante pour être con- » templée par nous Mortels aux yeux troubles, à la vue y> débile *. » Malebranclie, en effet, soutenait que nous voyions Dieu en Dieu même, sans idées. A l'hypothèse de cette céleste contemplation Y Essai sur la Raison oppose le dogme alexandrin du Dieu indicible, supérieur à l'être comme à la connaissance.
L'esprit agissant dans la matière peut être considéré luimême à deux points de vue : — en tant qu'il a pour véhicule c< cette très subtile matière qui pénètre l'Univers » : c'est alors l'Esprit Mosaïque, dont le Principiiim Ilylarchiciim professé par More n'est qu'une faculté plastique; — et en tant qu'il anime « quelque système particulier » de matière ». On l'appelle alors une âme, et ce système d'organes un corps -.
Une âme particuhère n'est donc qu'une certaine portion de l'esprit universel. Quant au corps, a son grand ouvrage » et travail est de singulariser et individuer le Principe ^> vital de l'Univers, de manière à lui permettre de devenir » une A7ne, ou le principe vital particulier d'un certain » corps particulier ^ ». De même qu'un miroir rassemble et singularise l'image diffuse d'un objet, ainsi le corps, grâce aux organes particuliers, individualise en une âme l'esprit Mosaïque.
Il y a, quoi qu'ait prétendu Hobbes, des « êtres intellec-