‹ L'idéalisme en Angleterre au XVIII?e siècle [microform]Chapitre 40 sur 235 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

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nous a été enviée. Et le motif, qui ne le voit ? Cest que, dans notre condition présente, nous avons à veiller au bien du corps auquel nous sommes unis, soin que déjà l'application aux sciences pures entraîne certains hommes à négliger : que serait-ce donc si l'idée de notre essence nous était dévoilée soudain et nous éblouissait de sa splendeur ? « Si les géomètres se plaisent si fort à comparer les » rapports des lignes dans l'idée de l'étendue, qu'ils ou- )) blient leurs devoirs et le soin de leur santé et de leur » famille, quel usage ferions-nous du temps, si notre âme, )> créature infiniment plus parfaite que la matière, nous » était connue par son idée * ? » N'est-ce pas au fond ce qu'admettra, bien qu'à un point de vue moins théologique, cette École écossaise si hostile à Malebranche comme à l'un des premiers fauteurs du scepticisme moderne, quand elle fera du moi un objet incognoscible, sur la nature ultime duquel nous n'avons nulle information directe et qui ne nous est annoncé comme substance et cause que moyennant une induction? Or on n'induit qu'au défaut d'une connaissance intuitive et employer un tel détour, pour arriver jusqu'à soi-même, c'est bien avouer que l'on manque d'un sentier de traverse qui dispense de ce long chemin.

Mais, si notre essence intime nous échappe, de quel droit affirmerons-nous que notre substance, de qui nous ne savons clairement rien sinon qu'elle existe, est distincte du corps qu'elle anime et pour jamais soustraite à la mort? Cette difficulté n'embarrasse point Malebranche, qui se contente de nous renvoyer simplement à notre idée claire de la matière, c'est-à-dire de l'étendue. Oui, nous consul-

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