Ibid. Cf. 7X« Méditation chrétienne
LMDÉALISME EN ANGLETEURE AU XVIIl" SIÈCLE
tons notre clair concept de chose corporelle et, parce que nous en trouvons exclu tout ce que nous percevons en notre âme, nous concluons correctement que celle-ci est d'une nature tout autre que celle-là. Les cartésiens, à leur insu, ne s'y prenaient point d'autre manière. Nécessité leur était de contourner en quelque sorte leur âme; ils interrogeaient leur idée de l'étendue pour s'assurer que les modalités spirituelles, comme la chaleur, la couleur, etc., ne lui sauraient convenir *. C'est par ricochet, si l'on peut dire, que cette distinction essentielle nous est annoncée : nous voyons comme de biais la spiritualité de l'âme et son immortalité. La Sagesse Éternelle, par la bouche de qui s'exprime l'auteur des Méditations chrétiennes, le dit expressément au disciple qui la consulte : « tu vois claire- » ment dans l'idée que tu as de l'étendue, que toutes les » modifications que tu as de la matière se réduisent aux » figures ou à certains rapports de distance, et par là tu )) conclus que le plaisir, la douleur et tout le reste. . . ne » peut appartenir à la substance corporelle, mais à une » autre que tu appelles âme, esprit, intelligence... Tu K conclus aussi que ton âme est immortelle parce qu'il n'y » a que les manières des êtres qui se détruisent et que » les êtres et les substances ne peuvent rentrer dans le » néant. . . Ces conclusions ne sont appuyées que sur l'idée » claire que tu as du corps et nullement sur l'idée de » l'âme ^ » Et avec plus de vivacité encore, il écrit au P. de Villes ^ : «je vous défie de prouver à qui que ce soit que