Réflexions sur la Prémotion physique
tirae, il en est une inestimable sans laquelle nous ignorerions la moitié de notre être propre. Notre unité substantielle, (et sur cette dichotomie s'ouvre le livre de la Recherche,) comprend deux facultés, l'entendement et la volonté, qui sont l'une à l'égard de l'autre ce que, dans la matière, la figuy^e est à la propriété de recevoir des mouvements ^ Notre volonté aussi est une sorte de motilité spirituelle qui nous entraîne au bien en général ; mais cette propriété recèle une vertu plus proprement nôtre, celle de retenir, en la détournant sur tel ou tel bien spécial, l'inclination qui nous pousse vers le bien indéterminé. Cette force discriminative, cette énergie de déviation, nous la nommons notre liberté-.
Or, comment savons-nous posséder cette puissance de vouloir et de décider librement? Ce n'est ni notre volonté, ni notre liberté qui nous annoncent elles-mêmes leur présence. Ces facultés sont mouvement et action, nullement intelligence. Des idées les peuvent, les doivent même accompagner^ ; mais il ne leur appartient pas de produire des idées. Ce n'est pas davantage l'entendement qui nous renseigne, car cette faculté se borne à réfléchir des idées '* : or il n'y a véritablement idées ni du vouloir, ni de la liberté. A la rigueur, on pourrait alléguer que la raison a voix en la matière. Cet argument-ci n'est-il pas son œuvre : si le libre arbitre faisait défaut à l'homme, il ne serait