Examen de la philosophie d'Hamilton^ chap. xii
s'exerce sur les résultats obtenus par l'investigation du sens intérieur pour qu'il nous devienne possible de procéder au détail même d'une psychologie. A ce détail excelle Malebranche. L'étude de la sensibilité l'amène à des conclusions subjectivistes qui assurément seraient du goût d'un David Hume. L'examen des sens, des faits passionnels et de l'imagination lui suggère une psycho-physiologie toute voisine de celle d'un Ilartley.
Relativité des sens, tel serait son premier postulat, s'il parlait notre terminologie. Mais ce principe, il l'exprime en un idiome théologique sous lequel il est facile de sousentendre une plus jeune théorie. Les sens ont pour fin unique le corps et c'est leur mission d'en assurer l'intégrité. Ils ne nous rapportent donc que notre manière d'être affocté§ et n'ont, si l'on peut dire, nulle juridiction hors de nous *. Se flatter d'en obtenir des lumières sur jes êtres extérieurs, c'est se leurrer d'un espoir dangereux, parce qu'il nous expose à nous confondre avec le dehors et nous détourne ainsi de la vraie source de toute science. L'origine de cette illusion si fertile en funestes effets pour notre esprit et pour notre cœur est le péché du premier homme. Dieu avait donné à notre lointain ancêtre des facultés perceptives qui l'avertissaient « avec respect », sans le tromper ni l'asservir-. En Adam les sens se taisaient au moindre signe ^ Mais, depuis le péché, les choses vont d'un autre train. Non qu'il y ait un grand changement du côté des sens*. Ils sont demeurés ce qu'ils étaient; ils