‹ L'idéalisme en Angleterre au XVIII?e siècle [microform]Chapitre 49 sur 235 · Uid., ch. xiY · texte numérisé non relu

Uid., ch. xiY

» faisons que nos sensations sont dans les objets * ». Vérité non moins indiscutable pour Burthogge, Hume et Hamilton.

Cette subjectivité de tous nos sens n'est méconnue de nous, convenons-en, qu'au prix d'un flagrant illogisme : car nous l'admettons pour les plus humbles d'entre eux. L'odorat, le goût et l'ouïe ne prêtent de la part des personnes les moins réfléchies à aucune confusion de ce genre. Qui s'aviserait de situer dans la fleur, comme une de ses manières d'être, le parfum que l'on respire en rapprochant? La saveur d'un fruit ne saurait passer pour un de ses modes, pas plus que le murmure du vent pour un attribut de l'atmosphère. Ce qui nous met, dans ces divers cas, en garde contre l'erreur, c'est la vivacité même de la sensation éprouvée. Plus l'impression est forte, plus l'esprit incline à la juger sienne. Plus la perception est languissante et faible, moins il se défend de là rapporter à l'objet -. Aussi la vue est-elle par excellence le sens imposteur : dans la vision, nos yeux sont touchés si légèrement que, cette fois, l'impression nous subjugue et que, par un irrésistible enchantement, nous projetons couleurs et lumière hors de nous dans les choses. Et cependant rivières, collines, prairies, falaises ne sont pas plus véritablement lumineuses et colorées que ia fleur n'était en elle-même odorante, le

1. Recherche. Malebranche n'a pas moins bien marqué la relativité de notre idée du temps. Comme un petit objet grandit au microscope, de même, lisons nous dans la Recherche, l'esprit trouve la durée d'autant plus grande qu'il la considère avec plus d'attention. « De sorte que je ne doute point . que Dieu ne puisse appliquer de telle sorte notre esprit aux parties de la . durée en nous faisant avoir un très grand nombre de sensations dans très » peu de temps, qu'une seule heure nous paraisse des siècles. » (Ch. Viii, § 2.) Cf. le début du Traité de la nature et de la grâce.

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