Des Vraies et des Faussrs Idées, ch. xvi
138 L'IDÉALISME EiN ANGLETERRE AU XVIIP SIÈCLE
y> prière naturelle par laquelle nous obtenons que la rai- » son nous éclaire * )^. Cette prière, Dieu Texauce, puisque nos travaux sont si fréquemment couronnés de succès. Quatrième motif : éclairer n'appartient qu'à Dieu. Enfin, Dieu n'agit qu'en vue de sa propre gloire; il faut donc que « la lumière qu'il nous donne nous fasse connaître » quelque chose qui soit en lui ».Le problème tant agité de l'origine de nos connaissances comporte dès lors cette solution unique : c'est en notre âme que nous sentons tout ce qui est de notre âme et en Dieu que nous acquérons la science de l'univers étendu, des êtres qui le composent, de ses propriétés et de ses lois.
Cette théorie, Malebranche refuse de s'en faire gloire ^ Il remprunte quasi toute, assure-t-il, à saint Augustin et il se sent fort de ce vénéré patronage. On alléguera que, selon ce père, il n'y avait vision en Dieu que des choses immuables, nullement des objets finis et changeants que nos yeux contemplent. Il est vrai, mais, si saint Augustin s'en est tenu aux vérités abstraites, c'est que, de son temps, la subjectivité de nos perceptions sensibles était ignorée et que l'on accordait aux objets de la vision une extériorité